The Maverick Inn à Alpine, Texas

10/09/2012

Photographies de Ma Récréation. En haut, le mur "carte postale" de la ville d’Alpine, en bas : l’entrée du Maverick Inn 

Ceux qui me suivent sur Instagram le savent : cet été, je suis partie dans la région du Big Bend au Texas. Dans les semaines qui viennent, je vous livrerai plusieurs posts pour vous donner envie d’aller voir ces paysages désertiques. Et, lorsque le reportage que j’ai fait en avril sera publié dans le magazine qui me l’a commandé (très bientôt), je vous livrerai toutes les étapes de ce voyage extraordinaire.
Première escale à Alpine, la plus « grande » ville du coin. Située entre Marathon, Fort Davis, et Marfa, à 3h30 de route d’El Paso, Alpine regroupe à peine 6000 habitants et pas plus de dix restaurants. Cependant, tout le monde dans la région s’y rend car c’est le seul endroit où l’on trouve de grands supermarchés, une université – première du Texas à avoir créé un cursus « rodéo » - et même un stade gigantesque de baseball datant de 1947. Alpine ne possède pas l’aura branchée de Marfa, ni le charme désuet de Marathon mais elle a le mérite de montrer à quoi ressemble le quotidien des texans du far west et des mexicains immigrés le long de la voie ferrée. Je ne recommanderais pas d’y passer plus de deux jours, mais la ville mérite qu’on s’y arrête si l’on se lance dans un road trip sur l’autoroute 90.
 
Photographies de Ma Récréation. Le petit déjeuner du Maverick, l’entrée de l’une des chambres et les flamants roses devant la caravane du jardin
 
Repéré sur internet avant mon départ, le bed and breakfast The Maverick Inn semblait la solution idéale pour passer une nuit en famille : tarif raisonnable, piscine indispensable avec un enfant par 30 degrés, chambre spacieuse, baignoire et petite terrasse privée. Racheté il y a six mois par un collectionneur de voitures iconiques, le Maverick Inn est situé en bordure de la rue principale d’Alpine, face à l’université et juste derrière la voie ferrée. Chose promise, chose due : on entend les trains passer (comme partout dans la région du Big Bend) au moins trois fois par nuit. C’est pourquoi on trouve des boules Quiès sur la table de nuit avec un mot d’excuse des gérants qui expliquent que cela fait partie du charme du far west. Etrangement, ça ne m’a pas dérangé : la fatigue due au décalage horaire a suffit à me mettre une bonne claque cette nuit-là. Décorées avec des fers à cheval et des couvertures à carreaux, les chambres à l’hygiène impeccable manquent un peu de lumière. Dans le désert, c’est la seule façon d’éviter de laisser la canicule s’immiscer dans les pièces. Pas de confort cinq étoiles ni de piscine olympique, mais du wifi gratuit et un petit déjeuner maison délicieux (fait rare dans la région : la plupart des lieux, même les plus chics ne servent rien de plus qu’un café sans goût le matin). Muffins aux myrtilles, « home made granola », bagels encore chauds, jus d’orange et yaourts en libre service. Ca change des œufs frits au bacon, le repas favori des cowboys obèses.
 
 
Photographie de Ma Récréation. La fameuse Lincoln Continental du propriétaire du Maverick Inn
 
Néanmoins, ce qui a rendu mon séjour inoubliable ne tient pas aux pâtisseries mais à une Lincoln Continental bleu pâle garée sur le parking. Me voyant la photographier sous toutes les coutures, le propriétaire du motel nous a proposé de faire un tour de la ville dans son véhicule de collection. Originaire du Connecticut, Charles Malory s’est offert The Maverick Inn ainsi que l’hôtel historique d’Alpine, The Holland dans lequel il ouvrira bientôt un nouveau restaurant. Un rêve de gosse pour cet amoureux du far west, fasciné par les artisans capables de fabriquer « un fusil à partir de rien ». On a vite senti qu’il valait mieux éviter de débattre du second amendement de la constitution américaine avec lui. Enthousiasmé à l’idée de faire la promotion de sa ville d’adoption, Charles nous a ouvert les portes du stade de baseball (où je vous recommande d’aller voir un match, même si l’équipe locale est pathétique). Il nous a aussi montré où trouver la meilleure ceinture en cuir de la région (Big Bend Saddlery), la guitare indispensable (Transpecos Guitars) et l’assiette de linguine aux palourdes (Trattoria restaurant). Mon amie Emmelie Brunetti m’avait également recommandé d’aller jeter un œil chez Johnson Feed and Western Wear (2600 E Highway 90, où son mari Erik Brunetti, fondateur du label Fuct, va se ravitailler en chemises de fermiers) et chez King Jewelers, un petit magasin de pièces uniques. Sans oublier une visite à l’hypermarché pour une crise de foie et de fou rire : les céréales se vendent par sacs de un mètre de haut, les glaces par bidons de 10 litres et les eskimos ont pour égéries de véritables cowboys en stetson.
 
 
Photographie de Ma Récréation. Tout le monde se lève lorsque l’hymne nationale commence au stade de baseball Kokernot le vendredi soir où la petite équipe des Alpine Cowboy tente de ne pas se ridiculiser
 
Quant à ceux, qui malgré ces images auraient peur de s’ennuyer à Alpine, la ville est située à vingt minutes de Fort Davis, un petit village de western encore dans son jus, avec saloon d’origine et musée du serpent à sonnette (vivant bien sûr !) sans compter le McDonald Observatory où il faut aller voir les planètes à la tombée de la nuit et le lac du parc Balmorea. #TexasForever…
 
Photographie de Ma Récréation. Le musée des horreurs à Fort Davis : Rattlers and Reptiles... ambiance Délivrance garantie.
 
The Maverick Inn, 1200 E Holland Avenue, Alpine, Texas 79830, Tel : + 1 432 837 0628, à partir de $93 la chambre double avec petit déjeuner et wifi inclus