Road trip dans le Péloponnèse #8 : L’Hôtel Antares à Areopoli

25/07/2017


Petit recap pour ceux qui font peut-être la découverte de mon blog aujourd’hui. Cet article est le huitième volet d’un road trip dans le Péloponnèse que j’ai fait avec mon mari et ma fille en avril dernier. Pour tout comprendre, je vous invite à lire la présentation générale, puis l’épisode #1, le #2, le #3, le #4, le #5, le #6 et le #7.


Je n’attendais rien de l’hôtel Antares lorsque j’ai quitté Gerolimenas et l’hôtel Kyrimai. J’avais la sensation qu’après cette vue sur la mer, cette cuisine irréprochable, cette chambre bercée par les chants du vent et des vagues, l’Antares serait aussi pâle que décevant. J’avais prévenu mon mari et ma fille en reprenant la voiture : « Il n’y a ni piscine ni accès direct à la mer, ça va être une autre ambiance  ». On a pris la route pour Areopoli, et en moins d’une demi-heure, aidés par les indications de Mina, gérante de l’hôtel Antares, nous avons évité les pièges du GPS et sommes arrivés sur un petit chemin au milieu de champs d’oliviers et de figues de barbarie. Une maison de pierres blanches légèrement rosées, typiques de la région du Magne, nous tendait les bras. Silence absolu aux alentours. Pas un cri d’enfant, pas une voiture. Juste le bourdonnement des abeilles attablées aux corolles des coquelicots et des genêts.




Photographies Lili Barbery-Coulon. L’hôtel Antares près d’Aeropoli


Mina nous a accueillis avec une béquille, elle venait de se blesser le genou bêtement en tombant mais a tenu à monter les marches pour s’installer avec nous dans le petit salon à l’entrée. Le garçon qui travaille avec elle avait préparé de la tisane de thym frais et de sauge sauvage qu’on ramasse par gros bouquets autour de l’hôtel, un flacon de miel de sauge et quelques biscuits. Un détail a tout de suite retenu mon attention : quelqu’un avait pris le soin de nouer une petite cordelette sur un papier en kraft plié autour des serviettes de table grises. Ca va vous paraître idiot mais l’apparition de cette sophistication m’a tout de suite donné envie d’aimer cet endroit. J’imaginais cette personne inconnue en train de plier délicatement le papier, passer ses doigts autour de la corde pour faire un joli nœud. Et ça, juste pour embellir une simple serviette en papier. Un snobisme diront certains. Une politesse exquise à mes yeux.



Photographie Lili Barbery-Coulon. L’accueil le jour de notre arrivée à l’hôtel


Dans un anglais impeccable, Mina nous a conduit à notre chambre. Cette passionnée de mythologie grecque, résolument amoureuse du Magne, a enseigné l’anglais avant de s’occuper de l’Antares. Nous nous sommes installés dans une grande chambre lumineuse qui contenait un lit double immense, et un petit lit simple pour notre fille. Dans la salle de bains, j’ai retrouvé les produits Korres que j’ai repérés tout au long de notre voyage. J’ai rencontré récemment le président de la marque lors d’une présentation presse à Paris et je lui ai naturellement parlé de mon voyage. Il était ému aux larmes lorsque je lui ai dit que j’étais allée à Areopoli et en particulier à l’hôtel Antares. Il connaît très bien Mina et nous avons listé nos lieux préférés dans la région. C’était comme si on apprenait brusquement qu’on avait de la famille en commun. Et vous verrez : si vous allez dans le Magne, si vous faites ce voyage, vous aurez la sensation de faire partie du même club de privilégiés.




Photographies Bastien Coulon et Lili Barbery-Coulon : ma fille et moi, rarement vêtues de la même couleur, et le petit salon à l’entrée de l’hôtel Antares.


L’Antares n’a pas de piscine. Il n’a pas de restaurant non plus. La salle commune dispose d’une coupe de fruits à disposition et on peut se servir en café et en thés. Néanmoins, je ne me souviens pas de télévision dans les chambres ni d’un wifi performant. Mais qu’est-ce que j’ai aimé cet endroit ! La vue sur la mer est époustouflante. Le parfum des fleurs de lavande jaillissant entre les murs de pierre envoutant. Chaque chambre possède un petit espace avec des chaises à l’extérieur pour profiter de la nature environnante. La nôtre avait une petite terrasse sous un olivier. Chacun a donc l’impression de disposer de sa propre maison.




 


Photographies Lili Barbery-Coulon. Les vues de l’hôtel Antares


Que fait-on à l’hôtel Antares ? On lit. On dessine les cactus géants. On se promène à pieds en écoutant les chèvres et les cigales s’époumoner. On observe les mouvements des nuages en prenant de la distance sur nos quotidiens. On laisse le soleil couchant caresser nos épaules. On ne fait rien. Et c’est déjà beaucoup.





Photographies Lili Barbery-Coulon. J’ai trouvé la petite porte verte à Aeropoli. La vue tout en bas est celle que nous avions de notre terrasse à l’hôtel Antares


Lorsqu’on a envie de retrouver la civilisation, cinq minutes en voiture suffisent à rejoindre le cœur d’Areopoli (je ne sais jamais s’il faut écrire Areopolis ?) un petit village du Magne, un peu plus gros que Gerolimenas. Vous y trouverez des restaurants que j’ai trouvés dans l’ensemble assez mauvais (je publierai un bêtisier de photos non instagrammable et je dois dire que le ragout de chèvre m’a valu une tronche d’anthologie que ma fille a eu beaucoup de plaisir à immortaliser). Mais aussi des épiceries truffées de trésors, un glacier délicieux, expert en lait de brebis. Une église magnifique qui diffusait la messe de Pâques avec des haut-parleurs dans tout le village… Un lieu vraiment charmant.





Photographies Lili Barbery-Coulon. Aeropoli, ses petits cafés et son église


Mais la plus belle des surprises de l’hôtel Antares est arrivée le lendemain matin au réveil. L’établissement qui ne sert pas le petit-déjeuner dans les chambres invite ses clients à manger dans la salle à manger les rares jours où il ne fait pas suffisamment beau. Nous avions la chance d’avoir déjà en avril une température idéale pour s’installer au soleil sur la terrasse la plus élevée de l’hôtel. Ne demandez pas le menu du petit-déjeuner : le chef en cuisine s’occupe de tout. Et alors que je croyais avoir atteint le sommet du breakfast à l’hôtel Kyrimai, des dizaines de merveilles sont arrivées à table. Un vrai « pimp my breakfast » comme je les aime vraiment !




Photographies Lili Barbery-Coulon. Ce petit-déjeuner...


Le yaourt au lait de brebis vient d’une ferme du coin. Le chef l’infuse de confiture de prune, de zestes d’agrumes et de menthe. L’évocation du souvenir de ce petit bol suffit à me mettre l’eau à la bouche. Un gâteau imbibé à l’orange (vous pourrez d’ailleurs trouver la recette typique de la région dans le sublime livre Kalamata : La Cuisine, La Famille et La Grèce qui vient de sortir et qu’on trouve chez My Kalios) est arrivé découpé en tranches fines sur une assiette blanche. Ce festin aurait suffit à me combler lorsque la suite est arrivée : du jambon de pays roulé, une assiette de fruits frais découpés, des œufs au plat, une tarte à la courgette… J’avais les yeux qui sortaient de leurs orbites…



Photographie Lili Barbery-Coulon. Le meilleur yaourt du monde !


L’Antares a été l’une des plus jolies parenthèses de notre séjour dans le Péloponnèse. Une respiration à l’abri de tout. Non pas que nous suffoquions ailleurs : tout a été merveilleux au cours de ce périple. Mais nous avions l’impression d’être retirés du monde, contraints de nous mettre au rythme des étoiles et du vent. Quant à Mina et son équipe, je n’ai jamais rencontrés de personnes aussi douces et amoureuses de leur pays. Je rêve d’y retourner !





Photographies Lili Barbery-Coulon. L’hôtel Antares et les petits produits Korres trouvés près de la douche dans la salle de bain. J’ai oublié de vous dire que la plupart de ces hotels ne disposent pas de baignoire : les bains exigent trop d’eau pour la région.


Prochain épisode : des idées de promenades et des adresses autour d’Areopoli !


Hôtel Antares, Omales Aeropoli, T.K 23062 Areopoli, Grèce, Tel : +30 27 330 51 700. Email : info@antares.gr, 130€ pour deux la nuit en chambre double avec petit-déjeuner (j’ai trouvé des tarifs moins chers en avril sur leur site, ça doit dépendre de la saison et aussi du nombre de nuits passées sur place)