Road Trip dans le Péloponnèse #6 : L’hôtel Kyrimai à Gerolimenas

22/06/2017


A l’heure où je vous écris, il fait encore 38 degrés dans mon bureau, mon ordi me brule les doigts – qui collent au clavier – et je ressemble de plus en plus à mon chat avachi sur le parquet… Il est grand temps d’aller se baigner dans la Mer Egée ! Pour ceux qui découvrent le blog, petit résumé des épisodes précédents ce post s’inscrit dans une grande saga sur notre road trip dans le Péloponnèse : le programme se trouve ici, puis vous pouvez cliquer sur les épisodes #1, #2, #3, #4 et #5 pour comprendre où nous en sommes à présent. Ce matin, on quitte la Laconie et on reprend la route pour la région du Magne, l’une des plus belles du Péloponnèse. A l’instar du chemin entre Nauplie et Monemvassia, la route qui conduit de l’hôtel Kinsterna à Gérolimenas est sublime. Je me retiens de vous coller toutes les photos prises sur la côte. Deux heures de voiture à couper le souffle, à l’instar de cette épave de bateau posée à la surface de l’eau ou encore ces montagnes verdoyantes qui ont rythmé chaque virage jusqu’au petit port de Gerolimenas. Le tout accompagné d’une radio locale qui ne passait que des chansons populaires avec des voix d’hommes qui supplient comme s’ils avaient perdu leurs enfants dans un naufrage. De quoi me mettre la larme à l’œil en deux secondes trente.




Photographies Lili Barbery-Coulon. La route de Monemvassia vers Le Magne


Lorsque j’ai publié la première photo de Gerolimenas sur Instagram, j’ai reçu une dizaine de messages privés désespérés : « oh non, tu vas dévoiler notre paradis perdu et tu vas nous envoyer des hordes de touristes l’été prochain  ». C’est sans doute surestimer de mon impact d’influence qui n’est pas celui de Garance Doré ☺ ! Je crois néanmoins que cette région grecque moins connue que les Cyclades ne sera jamais envahie parce qu’elle "se mérite" : pas de palaces dans le coin ni de restaus "branchés", pas de transports en commun desservants chaque village, le permis de conduire est donc un minimum syndical (merci à mon mari qui accepte de jouer les chauffeurs vu que je n’ai jamais passé mon carton rose), pas de plage de sable fin ni de transats… C’est roots donc ça élimine une partie des vacanciers en quête de confort cinq étoiles. Les Grecs avec lesquels nous avons échangé au cours de ce voyage ont pourtant cruellement besoin qu’on se rende dans le Péloponnèse. Toute la communication du tourisme hellénique est concentrée sur les îles et les gens du Magne se retrouvent avec des hôtels bien vides qu’ils aimeraient voir remplis un peu plus que trois semaines d’août. Je leur souhaite d’être colonisés par des lectrices et des lecteurs aussi curieux que vous. Je commence à connaître un certain nombre d’entre vous et je sais que vous saurez apprécier la beauté de cette région sauvage.





Photographies Lili Barbery-Coulon. L’hôtel Kyrimai à Gerolimenas


Première surprise sur la route : la densité des habitations. Il y en a si peu qu’il arrive qu’on traverse des paysages sur plusieurs kilomètres sans voir la moindre maison. Une fois passé près d’Areopoli, il faut continuer à descendre jusqu’à la pointe au sud. Tout au bout, sur votre droite, on découvre enfin le petit port de Gerolimenas qui doit rassembler une centaine d’habitants tout au plus. L’hôtel Kyrimai se trouve à l’extrémité du port et jouit de la plus belle vue sur la mer. Je ne vois d’ailleurs pas comment on pourrait se tenir plus près d’elle : l’hôtel est posé les pieds dans l’eau. Ce bâtiment du XIXe siècle stockait à l’origine les denrées les plus vertueuses du Magne – vin, huile d’olive… - afin de les exporter vers l’Europe et en particulier vers Marseille. Une idée de génie lancée par Michael Katsimanis, un commerçant de Syros et Theodore Kyrimis, l’ancêtre de la famille Kyrimis toujours propriétaire de cette maison transformée en hôtel. L’ancienne cave est devenue la réception et on y trouve des tonnes de documents du XIXe témoignant de l’histoire du bâtiment. En avançant sous la voute à l’entrée, il suffit de faire quelques pas supplémentaires pour découvrir le panorama spectaculaire de la terrasse principale : une piscine au bord de la mer et un grand espace pour s’attabler tout au long de la journée.




Photographies Lili Barbery-Coulon. Notre chambre s’ouvrait sur un petit salon où notre fille a dormi. Les salles de bain sont petites, nous avions une baignoire mais d’une taille menue. Les produits Apivita que j’ai rapportés dans mes valises. 


Les chambres sont aussi sobres que l’architecture du bâtiment. Il faut emprunter des escaliers étroits pour atteindre la sienne. Certaines donnent sur la jolie cour intérieure, d’autres sur la mer. Ne vous attendez pas cependant à de grandes fenêtres : la maison a été conçue pour conserver la fraîcheur donc les ouvertures sont limitées. Pas de salle de bain gigantesque et comme un peu partout dans cette région, mieux vaut éviter de jeter le papier toilette dans la cuvette des WC. Des écriteaux au dessus des poubelles situées dans les toilettes le rappellent gentiment aux touristes. Evidemment, les matelas divins viennent à nouveau de chez Coco Mat – un gage de qualité – et les produits fournis dans la salle de bain sont signés Apivita, cette marque grecque que j’adore.





Photographies Lili Barbery-Coulon. La piscine, la salle à manger du restaurant intérieur et la salade dont je vous parle plus bas


Je n’ai pas aimé le Kyrimai, j’ai ADORÉ cet endroit. J’avais envie de pleurer en partant. Cet hôtel a beau être d’une grande simplicité apparente, il nous offre un luxe inestimable : cette vue. La nuit, le vent se lève et augmente le chant des vagues. On a presque l’impression de dormir à bord d’un bateau. J’ai utilisé l’une des nombreuses terrasses pour dérouler mon tapis de yoga à l’aube et faire mes salutations matinales au soleil. Le nirvana. Mais je ne savais pas que ma journée allait encore être upgradée. Le petit-déjeuner servi dans l’hôtel est délirant ! Les plats arrivent les uns après les autres, petites portions de charcuterie du terroir, jolis bols de fruits frais, crêpes maisons au miel de sauge, beignets croustillants, friands aux épinards, olives aussi grosses que des pruneaux, marmelade d’orange maison, yaourt de brebis fouetté à la confiture de fruits rouges… Un Pimp My Breakfast pile comme je les aime, surprenant, joliment présenté et généreux. En plus, il change chaque jour. Le chef, une femme dont j’ai oublié le prénom (sorry), a un talent incroyable. La carte est très courte et elle varie peu du midi au soir. On est au bout du bout du monde et on fait ici la cuisine avec ce qu’on trouve. Des crustacés grillés à l’huile d’olive. Un homard qui sort de l’eau. Des légumes du voisin. La salade que j’ai photographiée contenait des quartiers d’orange frais, des fleurs, des pousses vertes de toute sorte, du chou croquant, des noix, des herbes aromatiques probablement ramassées autour de l’hôtel. Un délice. En revanche, oubliez les menus pour enfants avec pâtes bolognaise dégoulinantes de fromage et burger frites : au Kyrimai, ils seront obligés de manger ce que le chef a dans sa cuisine. Lorsque nous sommes partis, des petites pâtes maison séchaient au soleil pour le repas du midi. Voilà le genre d’attentions que vous trouverez dans vos assiettes pour un prix légèrement plus élevé que les brochettes pas terrible servies sur le port.




Photographies Lili Barbery-Coulon. Le petit-déjeuner du premier matin, la plage à Gérolimenas et le petit-déjeuner le second matin (il y avait un peu trop de vent pour le prendre dehors. Vous n’aurez pas ce problème en plein été)


Cet hôtel m’a donné envie d’écrire – enfin j’écris tout le temps, de toutes façons – mais il m’a un peu déverrouillée sur des sujets plus personnels. Les chambres ont beau disposé d’un confort relativement modeste, elles nous mettent à l’abri de la chaleur et du vent et ne laissent passer que le bruit des vagues et des enfants qui sautent dans la piscine. On a eu bien du mal à trouver la motivation de sortir de ce petit paradis. Mais on est quand même allé se promener sur le port, à une minute à pied. Vous y trouverez quelques restaurants et autres cafés. Certains lieux étaient encore fermés en attendant le début de la saison en mai. N’hésitez pas à commander des poissons ou des crustacés grillés quand vous les voyez dans des étals frais devant les restaurants. On choisit et on paie au poids. Je ne sais plus combien m’a coûté mon homard grillé au barbecue mais c’était vraiment très accessible. Et puis, si vous avez envie de junk food, il y a tout ce qu’il faut : des frites trempées dans la mayo, du sandwich à la grec avec une tonne de viande dont on ne sait pas toujours identifié la provenance... Mon mari a adoré. Ma fille aussi.





Photographies Lili Barbery-Coulon. Détails du port de Gerolimenas. Vous êtes nombreuses à me demander d’où vient cette robe, comme la combinaison en coton que ma fille portait dans les photos précédentes : il s’agit de la collection printemps-été 2017 de Bonpoint


Au bout du port, vous trouverez une petite plage de galets sur la gauche, allez jusqu’au bout et regardez la falaise devant vous. Un chemin marqué à la peinture blanche se dessine jusqu’au sommet. Il vous faudra à peine vingt minutes pour l’atteindre et admirer un panorama magnifique sur Gerolimenas et l’hôtel Kyrimai. Ce sentier côtier se prolonge bien plus loin. Préférez le pantalon Quechua au petit short que je portais : je suis redescendue avec les mollets et les cuisses bien écorchés par les ronces. Armés de Kinders, on n’a eu, cette fois, aucun mal à motiver ma fille pour marcher. Comme quoi, un peu de chocolat industriel et l’affaire est dans le sac ☺




Photographies Lili Barbery-Coulon et Bastien Coulon. La petite rando de Gerolimenas (minuscule rando quand même). Vous m’avez aussi demandé d’où venez la robe de ma fille. Elle date de l’an passé, vous ne pourrez plus la trouver...


Prochain épisode, je vous emmène visiter les alentours de Gerolimenas. J’ai hâte de vous montrer la suite… 


Photographie Lili Barbery-Coulon. L’art de se faire des amis sur la route


Hôtel Kyrimai, Gerolimenas, Mani, Peloponese, Greece, Tel : +30 2733054288, info@kyrimai.gr , comptez quatre heures de route au départ d’Athènes, deux heures au départ de Monemvasia si vous suivez le même itinéraire que nous. Je viens de checker sur le module de réservations en ligne et on trouve des chambres double en septembre à partir de 110€ pour deux la nuit. En avril, le prix oscillaient entre 80 et 100€ la chambre double. Petit-déjeuner compris. Je doute que vous trouviez un meilleur rapport qualité prix dans la région... Néanmoins il y a des chambres chez l’habitant à 15 ou 30 euros la nuit un peu partout, ça laisse de la marge pour les petits budgets.