Road Trip dans le Péloponnèse #5 : Monemvassia

20/06/2017


Petit recap des épisodes précédents si vous découvrez ce blog, au hasard de vos recherches sur le net : depuis quelques jours, je vous offre le récit d’un road trip que nous avons fait dans le Péloponnèse en avril 2017, pendant les vacances scolaires de Pâques. Vous trouverez le programme général de notre périple ici (avec une carte), puis le premier épisode à Athènes, le second avec mes bonnes adresses à Athènes, le troisième est dédié à notre première étape dans le Peloponnèse, c’est à dire Nauplie et l’hôtel Perivoli, le quatrième a été publié hier. J’y racontais notre séjour à l’hôtel Kinsterna tout près de Monemvassia (que vous trouverez aussi orthographié Monemvasia). Deuxième lever de soleil au Kinsterna, cet hôtel de rêve, et je vous emmène aujourd’hui visiter Monemvassia, cette drôle de presqu’île que l’on aperçoit de la plus haute terrasse de l’hôtel lorsqu’on regarde la mer.





Photographies Lili Barbery-Coulon. En haut Monemvassia vue du continent. Au milieu, la mer tout en haut de Monemvassia, en bas, ma fille avant de se mettre à grimper tout en haut du site


Monemvassia est l’une des raisons qui m’a poussée à faire ce voyage. Lorsque j’ai découvert les photos de ce "Mont Saint Michel " hellénique planté dans la mer Egée, je me suis dit qu’il fallait absolument que j’y mette les pieds. Je ne sais pas si vous vous faites des listes de lieux que vous rêveriez d’aller voir en vrai… J’ai toujours collectionné des images de paysages qui me faisaient fantasmer. Dans les années 1990, je me souviens que je découpais des photos noir et blanc d’artistes que j’aimais dans les Inrockuptibles tout en notant les endroits où ils avaient été shootés. J’étais intriguée par un désert de sel aux Etats-Unis dans un clip sur MTV ou par une cascade étrange en Turquie… J’étais déjà boulimique de sites à couper le souffle. Cet appétit ne m’a jamais quittée et j’ai ressenti une émotion immense lorsque nous avons pris la route qui relie le port de Gefira à Monsemvassia.





Photographies Lili Barbery-Coulon


Evitez de faire comme moi avec mes sandales grecques aux pieds et prévoyez des chaussures de marche : pour entrer sur ce site médiéval mille fois assiégé par les francs, les turcs, les vénitiens, et même les italiens pendant la seconde guerre mondiale, il faut garer sa voiture à l’entrée. Vous allez trouver des similitudes avec le Mont Saint Michel dans la commercialisation du site : les deux rues qui vous tendent les bras à l’entrée sont gavées de restaurants, cafés avec vue sur la mer, boutiques de souvenirs pas vraiment locaux, magasins de bijoux que vous ne porterez jamais… J’exagère sans doute un peu mais j’avais été très claire avec ma fille à l’arrivée : « On n’est pas venu ici pour faire du shopping, on n’achète rien  ». On avait une autre carotte après la balade : retrouver la piscine de l’hôtel Kinsterna à notre retour.




Photographies Lili Barbery-Coulon


En avril, il y avait relativement peu de touristes. Quelques classes avec leurs enseignants excédés par cette génération d’élèves qui se prennent non-stop en photo (aurions-nous été différents si nous avions disposé des mêmes outils à leur âge ?). Quelques randonneurs aguerris fronçant les sourcils devant mes pieds dénudés. Des anglais déjà bien rôtis par la chaleur qu’on a du effrayer puisque ma fille a simulé une crise de nerfs devant trois abeilles butinant les corolles des fleurs sauvages, espérant que nous abandonnerions aussi sec notre ascension vers l’église Agia Sofia au sommet. Je vous rassure, comme dans toutes les familles, après une bonne engueulade collective et zéro éducation positive, nous avons réussi à nous remettre en marche dans la joie et la bonne humeur grâce à un bon vieux chantage de base : « Je te préviens, si tu continues à jouer la comédie pour ne pas grimper, tu seras privée de DVD pendant une semaine  ». ☺




Photographies Lili Barbery-Coulon. Vous voyez le chemin qui serpente dans la roche sur la photo du milieu ? Et bien c’est ce qu’il faut grimper pour voir tout ça


J’espère que ces photographies sont à la hauteur de ce lieu spectaculaire. Chaque muret dévoile un nouveau panorama à couper le souffle, j’ai rarement vu un endroit aussi beau. Il faut une quarantaine de minutes à pieds pour atteindre l’église et plus encore si l’on veut sillonner le plateau au sommet. Plateforme stratégique pour surveiller les assaillants en mer, on comprend en montant pourquoi on s’est autant battu pour coloniser ce rocher. L’église Agia Sofia a été tour à tour une église, puis une mosquée, puis encore une église, une mosquée et encore une église. Comme je l’ai déjà avoué ici, je n’ai pas de religion, je ne vais pas à la messe, ni à la mosquée, ni à la synagogue, ce qui ne m’empêche pas d’être profondément touchée par les lieux de culte. Je suis sensible à la spiritualité universelle, celle qui relie toutes les croyances et j’aime l’idée que cette église ait abrité plusieurs traditions monothéistes. Le panorama sur le parvis d’Agia Sofia est si époustouflant que brusquement les adolescents qui nous entouraient ont baissé leurs téléphones. Ils se sont tus. Parfois la beauté est plus grande que nous, elle nous submerge. Même ma fille qui avait bougonné tout au long de la montée a fini par se calmer. Un instant suspendu. Magique.




Photographies Lili Barbery-Coulon. Au milieu : le restaurant Matoula


Nous avons déjeuné sur place, en redescendant vers la sortie. Les options ne manquent pas. Essayez de vous trouver un restaurant avec vue sur la mer, ça ne devrait pas être trop compliqué. Le nôtre, baptisé Matoula, n’avait rien de transcendant et servait du poisson grillé et de la salade grecque. Pile ce dont j’avais envie ce midi-là.



Photographie Bastien Coulon. Petit souvenir de Sky Ting Yoga à New York sur mon dos


Prochain épisode, on quitte la Laconie pour la région du Magne. Probablement mon coin favori du Péloponnèse…