Road Trip dans le Péloponnèse #4 : l’Hôtel Kinsterna à Monemvassia

19/06/2017


Résumé des épisodes précédents : depuis quelques jours, je vous raconte en détails le road trip que nous avons fait en famille dans le Péloponnèse en avril dernier. Je vous ai d’abord livré le programme, j’ai ensuite publié le premier épisode à Athènes où nous avons passé deux nuits au Coco Mat Hotel. J’ai partagé mes adresses préférées à Athènes puis on a pris la route pour Nauplie et l’hôtel Perivoli hier. Ce matin, on reprend notre voiture de location pour aller s’installer au Kinsterna Hotel, près de Monemvassia. Je me doutais que cette destination serait un highlight de notre voyage. Mon amie Célia Pavlineris m’en avait dit le plus grand bien, tout comme Agathe Vernazobres qui en plus de diriger les relations presse de Giorgio Armani partage sur son blog Landscapes Devotion la même passion que moi pour le voyage. Le propriétaire de l’hôtel Perivoli que nous quittions ce matin-là nous a indiqué une route légèrement différente que celle recommandée par le GPS. Je vous conseille vraiment de faire comme nous car c’est l’une des routes plus époustouflantes que nous avons empruntée pendant ce road-trip. Certes, elle va vous faire perdre une ou deux heures supplémentaires et il vous faudra vous armer de sacs à vomi si vos enfants ont du mal à supporter les virages. Mais je vous assure que ça les vaut ! Redescendez de l’hôtel Perivoli vers Nauplie et longer la côte en direction de Leonidio. Je ne sais pas combien de fois j’ai demandé à mon mari d’arrêter le moteur pour admirer le paysage. Alors qu’on pense avoir atteint la splendeur absolue, un nouveau virage suffit à nous en remettre plein les yeux. L’immensité du bleu de la mer tranche avec la végétation foisonnante du printemps et la terre rouge et crue qui serpente à l’orée du bitume. Des fleurs sauvages à perte de vue, des senteurs aromatiques, une lumière dorée : un éden merveilleux rien que pour nous. Je crois que nous n’avons croisé aucune voiture ce matin-là !





Photographies Lili Barbery-Coulon. Dans l’ordre de haut en bas : la côte à la sortie de Nauplie, l’arrivée à Leonidio, la route qui monte vers Kosmas et l’église sur la petite place en pierres de Kosmas


A Leonidio, le paysage change brusquement. On se croirait en Amérique du Sud. Enfin, c’est l’idée que je m’en fais. Située sur la côte arcadienne du Péloponnèse, cette petite ville est nichée au pied de la montagne de Parnon. Dès que vous sortirez de la ville en direction du village de Kosmas, vous allez vous hisser vers des températures plus fraiches au sommet de roches désertes. La route m’a fait penser à un chemin tortueux que j’aime beaucoup, près du lac de Villefort en Lozère. Heureusement qu’elle n’est pas embouteillée car elle est étroite et il faut faire place aux chèvres qui ne s’effarouchent pas lorsqu’elles observent une voiture à l’approche. Soyez attentifs et levez vos yeux vers la gauche : au bout de quelques virages, vous apercevrez le monastère d’Elona suspendu en haut d’une falaise. La construction du lieu à six cent mètres d’altitude paraît improbable. On croirait un décor de film de Wes Anderson. Je regrette beaucoup de ne pas avoir pris le temps d’organiser une visite, la vue du monastère sur les montagnes doit être ahurissante. Encore quelques virages et vous arriverez à Kosmas où nous avons fait une halte pour déjeuner. En sortant de la voiture, nous avons été saisis par la température glacée de ce village en altitude. Il n’y avait que deux restaurants ouverts, nous sommes allés dans le premier et je dois dire que c’est le repas le plus dégueulasse que nous avons fait pendant notre séjour. Vraiment immonde. Mais on a ri comme jamais ! Une céramiste vend quelques objets sans grand intérêt près de l’office du tourisme, et quelques commerces distribuent de la farine de châtaigne et du miel (les Cévennes me font des clins d’œil partout où je vais ;). Le village est mignon mais on avait froid en tenue d’été et on avait hâte de découvrir notre nouvel hôtel, alors on a repris la route vers Monemvassia (prenez la direction de Spartes puis redescendez vers le sud jusqu’à Monemvassia). En redescendant la montagne de l’autre côté, le paysage change complètement. La chaleur de la côte revient après quelques virages et les orangers en fleurs colonisent à nouveau les champs. A la sortie de Monemvassia, vous trouverez un petit chemin à droite qui conduit jusqu’au domaine de l’hôtel Kinsterna. Je préfère vous avertir : une fois votre voiture garée, il est bien possible que vous ne décolliez plus de cet endroit de rêve et que tous vos désirs de randos, de visites, de balades en mer et de découvertes de restaus à l’extérieur s’évanouissent en une phrase : « Nan mais on va rester à l’hôtel non ?  »




Photographies Lili Barbery-Coulon. La terrasse en hauteur de l’hôtel Kinsterna. 


Cette propriété a été construite au XVIIe siècle mais certains historiens disent qu’un bâtiment semblable aurait été édifié des siècles auparavant au même endroit. Laissé à l’abandon dans les années 1970 jusqu’en 2006, le domaine a été entièrement restauré dans le respect du style ottoman d’origine et de ses vestiges vénitiens et byzantins. Ainsi, en 2010, après quatre ans de travaux, la maison transformée en hôtel quatre étoiles a ouvert ses portes au public. Dans les chambres, on retrouve les fameux matelas ultra confortables signés Coco-Mat en fibres végétales, une machine à café avec des capsules à dispo ainsi que des produits Korres dans la salle de bain. Du haut de notre tour, nous avions la vue sur Monemvassia, cette presqu’île majestueuse dont je vous reparlerai demain. Je n’ai pas pu faire de photo de cette vue car toutes les fenêtres sont protégées par des moustiquaires : j’imagine que l’été, les moustiques doivent dévorer toutes ces peaux urbaines venues chercher leur dose de soleil. J’ai rarement aussi bien dormi que dans cet hôtel. Même ma fille qui était installée dans un canapé lit dans la partie salon de notre suite a réussi à faire une grasse matinée (fait rare pour le noter).




Photographies Lili Barbery-Coulon. Notre chambre pendant ces deux nuits


En dehors d’une cure de sommeil, que peut-on faire au Kinsterna ? Profiter des deux piscines étendues sous les citronniers, aller au spa se faire masser, boire du vin de la propriété, faire une promenade à cheval comme nous l’avons fait avec ma fille, marcher dans les vignes aux alentours, arpenter les pentes à vélo (l’hôtel en met à disposition des clients), apprendre à fabriquer du pain… Au fil des saisons, le Kinsterna propose aussi de participer aux vendanges, à la fabrication de l’huile d’olive ou à celle de savons artisanaux si vous venez au Printemps. Les enfants sont plus que bienvenus dans l’hôtel, ils sont carrément chouchoutés. Evidemment, il y a des chaises hautes au restaurant, mais surtout une salle de jeux juste en dessous de la salle à manger : idée de génie, les enfants s’ennuyant entre chaque plat peuvent ainsi se retrouver et jouer entre eux pendant que leurs parents profitent un peu de temps à deux. Ma fille s’est tout de suite fait une copine si bien qu’on ne l’a presque pas vue pendant les deux jours que nous avons passés sur place. Comme il n’y a pas de voiture et que le seul danger est la piscine (néanmoins, l’accès est verrouillé par de petites barrières donc n’ayez pas peur si vous avez des petits), elle a eu accès à une liberté dont elle jouit rarement à Paris.





Photographies Lili Barbery-Coulon. De quoi pimper son breakfast avec le buffet du restaurant, et l’une des salles du restau sous laquelle est installée la salle de jeux pour enfants


Derrière l’entrée du batiment, côté montagne, on trouve un espace de jeux pour enfants avec cabane et toboggan. C’est là que je me suis installée pour faire mon yoga à l’aube. Comme le kundalini m’amène à chanter des mantras pendant ma pratique, j’ai toujours peur de réveiller un client ou d’être prise pour une tarée, les bras en l’air en faisant la respiration du feu ☺ Voir le soleil se lever et éclairer le domaine tout en s’inclinant devant lui avec des sun salutations est l’un de mes meilleurs souvenirs de ce road trip.




Photographies Lili Barbery-Coulon


Les repas sont servis au restaurant au dessus de l’une des piscines de la propriété (pratique pour surveiller les enfants en faisant trainer le petit-déjeuner). Les tarifs sont nettement plus élevés que ceux qu’on trouve dans la région. En même temps, après notre déjeuner immondissime à Kosmas, on était prêt à investir ! Le menu gourmet décline des plats grecs raffinés – côte de veau servi avec une purée à la truffe, poulet rôti avec des pâtes au fromage de chèvre local, loup de mer au velouté de petits pois et agrumes, homard grillé… Comptez environ 20€ le plat. Il y a cependant une carte beaucoup plus accessible avec des plats plus simples autour de 14/16€ et des club sandwichs et autres pizzas à 10€. Rien ne vous empêche de sortir de la propriété pour déjeuner à Monemvassia où vous trouverez une salade grecque à 5 ou 6€ l’assiette.





Photographies Lili Barbery-Coulon


Vous l’aurez compris : on a adoré le Kinsterna, l’une des offres les plus luxueuses testées au cours de ce road trip. Et la bonne nouvelle c’est aussi le prix ! On trouve des chambres à 126€ la nuit pour deux (en s’organisant à l’avance et en restant au moins trois nuits sur place) avec le petit déjeuner compris. Pour un hôtel de ce genre en France, aussi bien situé et aussi sophistiqué, je pense qu’on tournerait facilement autour de 350 euros la nuit en basse saison. Alors, c’est sûr, il se mérite un peu car il faut prendre l’avion pour Athènes puis louer une voiture et conduire quatre heures d’affilée. Mais c’est le prix de certains paradis perdus… Allez, demain, on va visiter Monemvassia et on va se régaler, je vous le promets !



Photographie Lili Barbery-Coulon. Le paradis, si je veux...


Kinsterna Hotel, Agios Stefanos, 23070 Monemvassia, Tel : +30 27320 66300. Email : info@kinsternahotel.gr chambre double à partir de 126€ la nuit avec petit déjeuner compris (évidemment, tout dépend de la saison, de la durée de votre séjour et de la flexibilité de vos dates... sinon comptez 178€ la nuit en chambre double au mois de septembre par exemple).