Victoire de Taillac à Tanger

17/11/2010

Elle vient de s’installer à Brooklyn et pourtant, juste avant l’été, Victoire de Taillac était encore la plus parisienne des expatriées tangéroises. Ancienne attachée de presse de la Boutique Colette, co-fondatrice de l’ex-Parfumerie Générale, cette trentenaire, mère de trois enfants, a le déménagement chronique inscrit dans son karma. Pendant ses deux années à Tanger, elle a créé un restaurant éphémère avec son époux Ramdane Touhami, baptisé l’Africain, lancé The French Beauty Club, le blog beauté le plus branché du moment, tout en continuant à s’occuper des relations presse de sa sœur Marie-Hélène de Taillac et de Cire Trudon. Autant dire qu’elle se maintient occupée ! Epicurienne et sensible à tout ce qui embellit le quotidien, elle nous ouvre les portes du Tanger qui lui ressemble : élégant et raffiné.

Le marché (DR), en bas à droite, la promenade en sortant de la Villa Joséphine, en haut, la route de la Corniche (photographies Victoire de Taillac)
 
24 HEURES
Premier battement de cils à la Villa Joséphine, une belle maison dans la vieille montagne où Victoire de Taillac nous recommande de nous réveiller le jeudi par une matinée ensoleillée (idéalement au printemps ou à l’automne). Après un petit-déjeuner sur le balcon de sa chambre, on descend à pieds jusqu’au Drabeib (environ quinze minutes) où se trouve le marché traditionnel ouvert le jeudi et le dimanche. On y trouve les plus beaux produits des paysans aux alentours comme des fraises en mai ou des grenades en octobre. Ensuite, direction la nouvelle Route de la Corniche qu’on rejoint en traversant la rue boueuse avec les bâtiments en construction. « Ce chemin vers le port offre un panorama à couper le souffle : il faut marcher en regardant les sublimes maisons sur la montagne et essayer de deviner qui peut bien y habiter ». Epuisé par cette matinée à pieds, on s’installe au Yacht Club pour déjeuner et déguster du poisson grillé, pêché le matin même. L’après-midi, on se laisse volontiers happé par le labyrinthe de la médina. Un arrêt sur la terrasse de l’Hotel Continental, le plus ancien de la ville, et le prochain défi consiste à trouver dans le dédale des boutiques celle d’Adil et ses tapis marocains ou celle de Majid, l’antiquaire le plus connu de Tanger. On recharge ses batteries devant un thé au Café Central du Petit Socco et l’on flâne à nouveau Rue de la Siaghine, en direction du Grand Socco, où l’on n’oublie pas d’acheter des nougats, des fruits secs et de la verveine marocaine. Une fois au Grand Socco, on profite encore des magnifiques étals de viande, de fruits, de légumes et de poisson et l’on file prendre un verre à la Cinémathèque. A la sortie de la séance du jour, on finit sa soirée au petit restaurant marocain Agadir, expert en tajines.
 

Un jus d’avocat et la plage devant l’hôtel Le Mirage (Photographies Victoire de Taillac)
 
48 HEURES
Après un petit-déjeuner au Mirage face à l’océan Atlantique, on profite de la plage déserte et des vagues sans quitter le rivage au risque de se faire emporter par le courant. « C’est une plage immense qui permet de marcher à perte de vue et de quitter la réalité » ajoute Victoire de Taillac. A midi, un taxi nous mène à la terrasse du Darna au dessus du Grand Socco pour un couscous. Ce restaurant tenu par des femmes s’inscrit dans un projet associatif qui défend les femmes et les enfants en difficulté et propose des objets artisanaux à la vente. « Avant de quitter les lieux, demandez votre chemin pour aller au Fondouk regarder les tisserands, acheter du tissu puis remontez l’escalier Walher vers la Rue de La Liberté pour aller au Bazaar Tindouf, véritable caverne d’Ali Baba à prix raisonnable ». En haut de la Rue de La Liberté, on n’oublie pas de lorgner sur les gâteaux kitsch à la crème derrière les vitrines d’Espanola avant de traverser la Place de France où se trouve le fameux Café de Paris. Le périple continue Rue de Hollande, arène des brocanteurs jusqu’au Marché de Fez, où l’on négocie les animaux et les fleurs. Il faut alors repartir par la Rue de Fez, gagner le Boulevard Pasteur et se rendre chez Madini, LE parfumeur de Tanger. « Faites la queue patiemment pour acheter des savons au jasmin ou à la fleur d’oranger. » A l’étage dans la galerie marchande, on s’offre une pause bien méritée à La Giralda, salon de thé marocain avec vue sur le Détroit, et l’on sirote un jus d’avocat ou d’amande. Dernière escale shopping à la Librairie des Colonnes, « la référence de la ville que Pierre Bergé vient de racheter » et juste à côté, on va aux Insolites, une autre librairie qui distribue tous les éditeurs marocains ainsi que les textes d’Elena Prentice, une amie de Victoire. Le soir, on s’installe sur la terrasse du Mc Do Dawliz pour un hamburger trash et l’on atterrit au Tanger Inn’s, un bar de la ville, mais « uniquement si l’on est accompagné car les nuits tangéroises sont dangereuses pour les filles seules ».
Plusieurs vues de l’hôtel Nord-Pinus (DR)
 
72 HEURES
C’est déjà samedi et on traine au lit après une soirée effervescente. « Après s’être réveillé trop tard, on suit le mouvement et on achète, dans l’une des nombreuses échoppes, une crêpe qu’on déguste avec un thé à la menthe ou un café au lait dans n’importe quel Café au milieu des hommes car les marocaines ne se rendent pas dans ces lieux ». Vers 11h, en route pour Casa Barrata, le marché aux puces et le vide grenier de la ville. L’idée : dénicher un trésor au milieu du chaos et des objets cassés. Sur place, on trouve une voiture pour nous conduire chez Abdou, un restaurant de plage « déglingué » à 30 minutes de Tanger. On y déjeune en observant les pêcheurs. Retour en ville, Place de La Kasbah, pour une visite du Musée Le Palais de La Kasbah et de son jardin baptisé Riad Sultan. Un petit thé au salon bleu de l’Hôtel Dar Noor, Place de la Kasbah, et l’on part tranquillement vers l’Hôtel Nord-Pinus. Apéro sur la terrasse du Nord-Pinus face au détroit et ce weekend tangérois prend fin au Marquis, « un restaurant français rétro à la décoration baroque et au menu désuet ».
 
CARNET DE BORD
(Par ordre d’apparition)
Villa Joséphine, 231 Route de la Montagne, Tel : +212 (0) 539 33 45 35 
Yacht Club, Port de Tanger, Tel : +212 (0) 539 93 85 75
Hôtel Continental, 39 rue Dar Baroud, Tel : +212 (0) 539 93 10 24
Majid, 66 rue Les Almouhades, Tel : +212 (0) 539 93 88 92
Bleu de Fès, 65 rue des Almouhades, +212 (0) 539 33 60 67
Cinémathèque, Place du 9 avril, Tel : +212 (0) 539 93 46 83
Agadir, 21 avenue Prince Heritier, Tel : +212 (0) 668 82 76 96
Hotel Club Le Mirage, Les Grottes d’Hercule, Tel : +212 (0) 539 33 33 32 
Darna, rue Jules Cot/Place du 9 Avril, Tel : +212 (0) 539 94 70 65
Fondouk Chajara (Dendey Chejra), 32 rue Walili, Tel : +212 (0) 539 93 67 06
Bazaar Tindouf, 64 rue de la Liberté, Tel : +212 (0) 539 93 15 25
Madini Parfumeur, 5 Bd Pasteur, Tel : +212 (0) 539 37 50 38
La Giralda, Immeuble Mirador, 5 Bd Pasteur, Tel : +212 (0) 539 37 04 07
Librairie des Colonnes, 54 rue Pasteur, Tel : + 212 (0) 539 93 69 55
Librairie Les Insolites, 28 rue Khalid Ibn Oualid (ex-Vélasquez), Tel : + 212 6 46 89 00 01
Mc Donald’s, Complexe Dawliz, Rue Hollande
Le Tanger Inn, 1 rue Magellan, de 21h à 1h, Tel : +212 (0) 539 93 53 37
Chez Abdou, Forêt diplomatique, Route de Rabah, Tel : +212 (0) 542 33 66 01
Musée de la Kasbah, Dar el-Makhzen, 9h-13h 15h-18H sauf le mardi
Hotel Nord Pinus, 11, Riad Sultan, Kasbah, Tanger, Maroc, Tel +212 (0) 661 22 81 40
Le Marquis, 18 rue Bouthouri, Tel : +212 (0) 539 94 11 32