Wild and The Moon

22/03/2016


Avez-vous vu cette carte de Paris tourner sur les réseaux sociaux ? Tellement drôle. Et si juste… Je vous embarque d’ailleurs dans le coin des « gens qui mangent sans gluten ». Il y a une douzaine d’années, Caroline Wachsmuth m’emmenait rue du Forez où elle installait sa sublime « beauty room  » pour sa marque de soins bio Doux Me (qu’elle a revendue depuis). Son petit institut de massage, plus que parfait, était situé dans le prolongement de R’aliment, le premier restaurant bio de Philippe di Meo, designer reconverti dans le parfum. C’est lui qui m’a fait découvrir la chantilly au lait d’amande et toutes les graines encore méconnues à l’époque. Aujourd’hui, ce restaurant a été remplacé par Nanashi qui fait l’angle avec la rue Charlot. Et il a aimanté autour de lui une multitude de commerces de bouche healthy, dont le Café Pinson juste en face.


Photographie Ma Récréation


A quelques pas, rue Charlot, se trouve un nouveau lieu qui n’arrête pas de circuler sur Instagram : Wild and The Moon. Ouvert en février 2016 par Emma Sawko qui vit à Dubaï et a déjà ouvert un café similaire là-bas, cet espace va faire la joie des intolérants, des yogis, des végétariens et de tous ceux qui veulent manger sainement. Il risque en revanche d’agacer les adeptes de junk food qui craignent la fin du burger, les allergiques aux hipsters et ceux qui sont exaspérés par les dogmes alimentaires du troisième millénaire. N’espérez pas voir une corbeille de pain à table : ici on mange des crackers maison préparés avec des graines et de la pulpe de légumes pressés. Pas de dessert à base de lait de vache, mais des puddings au quinoa parfumés aux dates et aux noix. Bref, c’est pile le restau dans lequel je ne pourrai jamais aller avec mon mari. Et c’est aussi celui qui va rendre mes copines folles de joie.


Photographie Ma Récréation. La cuisine de Wild and The Moon est située rue des Gravilliers (presser des jus ça fait trop de bruit dans un petit espace) du coup, tout est emballé et placé dans des frigos à l’entrée, sauf les plats chauds bien sûr


Rayon décoration, tous les stigmates du courant bio branché sont présents : des succulentes en vitrine, des plantes suspendus aux plafonds, du bois brut au sol comme sur les tables et un comptoir qui décline les codes du laboratoire scientifique. De quoi nous téléporter illico à New York ou à Los Angeles. D’autant que plusieurs serveurs sont anglophones. Côté cuisine, la charte de la fondatrice est d’une grande rigueur : tout est bio, ça va de soi, cuit à basse température avec une prédiction pour le cru, vegan (c’est à dire sans aucun produit d’origine animale), sans gluten, sans produits laitiers et sans ajout de sucre raffiné. Et qu’est-ce qui reste une fois qu’on a retiré les œufs, le blé, le seigle, l’orge, le sucre, le beurre, le lait, le fromage, la viande, la friteuse et le four à 200 degrés ? Ses doigts. Je plaisante !!!


Photographie Ma Récréation. Une salade et un jus Tiger (patate douce, curcuma, orange, pomme, poivre, cardamome)


Chez Wild and The Moon, on mange des salades à base de quinoa ou de légumineuses, de légumes crus et d’agrumes. Et si on a un tapis de yoga sous le bras, on a plus de chance de se fondre dans la masse. On boit des jus tout juste pressés ou des laits à base d’amande (maison bien évidemment) et de matcha (tuerie !), de charbon noir (trop trop bon aussi), de dates, de spiruline ou de gousse de vanille. Il y aussi un plat chaud qui change tous les jours, souvent une déclinaison de "dal" mais avec moins d’épices. On peut aussi craquer pour les chips de kale non frits mais déshydratées (donc pas gras), le granola croustillant aux fruits, la tarte tatin crue ou les desserts à base de banane et de noix.


Photographie Ma Récréation. Une salade de lentilles, un lait matcha et un bol de kale chips


J’y suis allée avec Zeva Bellel, mon amie en charge de Yelp en France (je vous ai déjà parlé d’elle dans ce post) qui est toujours en quête de nouvelles adresses. Nous avons adoré nos salades respectives et surtout nos jus qui atteignent chez Wild and The Moon l’Himalaya du fruit pressé. On a toutes les deux trouvé qu’il n’y avait pas encore suffisamment de choix parmi les salades proposées mais il paraît que ça va venir. Nous avons aussi commandé un plat chaud pour tester et là, grosse déception : le quinoa était fade et un peu trop cuit, la sauce sans saveur et surtout l’assiette trop petite : on a faim juste en regardant la portion microscopique. En revanche, les chips de kale méritent vraiment qu’on en commande un bol ! Et si vous êtes frustré de ne plus pouvoir boire un chocolat chaud depuis que vous avez arrêté les produits laitiers, n’hésitez pas à commander leur "Chaga Shot" à la vanille et aux champignons sauvages. Surprenant mais délicieux ! S’il y a encore quelques améliorations à faire pour atteindre le nirvana chez Wild and The Moon, je me réjouis que les alternatives vegan se multiplient enfin à Paris. Ca m’a donné envie d’y retourner pour goûter leur « açaï bowl » et « l’Avo’Toast » servis au petit-déjeuner. Je vais peut-être même finir par pouvoir dédier un circuit d’adresses « food » aux lieux healthy ? Et vous, quelles sont vos adresses préférées pour manger bio ou vegan ?



Photographies Ma Récréation. En haut le comptoir, en bas ma déception avec le plat du jour


Wild and The Moon, 55 rue Charlot, Paris 3e, Tel : +33 9 51 80 22 33. Ouvert du mardi au dimanche, de 8h à 19h (bientôt aussi ouvert le lundi et sans doute jusqu’à 21h, à suivre). 4 à 5€ le jus ou le lait végétal pressé à froid pour 25ml, 9€ la salade, 11€ le plat du jour, 3€ le bol de Kale chips ou de crackers maison, 5.50€ la part de tarte « Raw Tatin »… Vous l’aurez compris, c’est plus cher que chez Cojean mais les exigences de Wild and The Moon sont nettement plus élevées


Photographie Ma Récréation. Un enfant dort sur la table d’hôtes. Personnellement ça ne m’est jamais arrivé avec ma fille. C’est comme la grasse matinée jusqu’à 11h, j’ai pas encore expérimenté depuis qu’elle est née. J’ai donc demandé à ce qu’on me prépare le même jus pour mes soirs d’insomnie :-)