Lili’s Week List #3

4/10/2017


1. Le retour du mange-disque Fisher-Price


L’autre jour, j’ai offert un CD de musique pour enfant à des copains qui ont une petite fille de trois ans. Impossible de l’écouter : ils n’ont pas de lecteur de CD. Leurs ordinateurs n’ont plus de lecteur de disque. Quant à leur lecteur DVD, il n’accepte pas les CDs. Premier choc générationnel. Il y a quelques mois, un geek absolument brillant qui a dix ans de moins que moi est venu travailler sur la refonte de mon blog (oui je suis dessus depuis des mois, j’ai l’allure d’un escargot de Bourgogne). Lorsqu’il a découvert ma collection de DVDs, j’ai bien vu qu’il se demandait si je n’étais pas née avant la seconde guerre mondiale : “Mais à quoi ça sert d’avoir des DVDs alors que tu peux tout streamer ?”... Ben oui, à quoi ça sert ??? Deuxième choc générationnel. Quand ma fille était petite, Fisher Price lançait ses premières rééditions de jouets vintage. J’ai aussitôt acheté le téléphone à roulettes de mon enfance. Ma fille ne s’y est intéressée qu’après avoir vu Toy Story 3 puisque c’est un personnage clé de la libération de Woody et Buzz. Avant ça, elle ne savait même pas à quoi servait le combiné. Troisième choc générationnel. Pourtant, la réédition de ces jouets des années 1980 doit plaire aux jeunes parents puisque Fisher Price n’a cessé d’agrandir la gamme en relançant le chien à roulettes avec lequel j’ai fait mes premiers pas, le mange-disques multicolores dont on ne retrouvait jamais les disques et l’appareil photo que j’aurais adoré avoir à l’époque. Je ne sais pas si les enfants d’aujourd’hui qui sont obsédés par les smartphones vont comprendre pourquoi ces jouets plaisent autant à leurs parents. Ni même s’ils vont jouer avec. Mais qu’ils le veuillent ou non, ces rééditions vont s’inscrire dans leurs souvenirs d’enfance car je parie qu’on va leur en offrir en décembre prochain. Non ? Tourne disque Fisher Price Vintage 49€ chez Smallable, 39.99€ chez Oxybul, 34,12€ sur Amazon


2. La vaisselle d’Olivia Pellerin


J’ai découvert la vaisselle d’Olivia Pellerin en allant déjeuner à l’Hôtel Bienvenue qui a eu la riche idée de lui commander un service sur mesure afin de mettre en valeur les petits plats de Maori Murota (Maori est absolument merveilleuse, je vous ai déjà parlé d’elle dans la rubrique recettes il y a des lustres). Ce sont mes abonnés sur Instagram qui ont immédiatement repéré le nuage délicat peint sur le bol et m’ont permis d’entrer en contact avec cette créatrice installée à Paris. Formée au design industriel, Olivia imagine des services sur mesure à la demande des particuliers (ou de professionnels comme les restaurants). Elle propose deux offres bien distinctes. La première consiste à peindre de la porcelaine blanche neuve (qu’elle achète préalablement) avec un motif personnalisé, comme elle l’a fait pour l’Hôtel Bienvenue. Les pièces sont ensuite cuites à très haute température et résistent au lave-vaisselle et à l’usage du micro-ondes. Les formes sont simples mais elles ont l’avantage de se marier facilement avec n’importe quelle vaisselle. La seconde n’a rien à voir puisqu’Olivia fait aussi du modelage de porcelaine blanche. “Cette technique convient mieux à ceux qui sont en quête d’un objet qui présente des aspérités puisqu’il est entièrement fabriqué à la main” confie Olivia Pellerin. Elle crée aussi des fleurs et des fruits en biscuit de porcelaine, un savoir-faire qui date du XVIIIe siècle. Autant d’objets uniques à offrir à des jeunes mariés ou à une mère qui vient d’accoucher (on pense toujours au bébé mais je trouve qu’on ne gâte pas assez les femmes qui sortent de la maternité). Olivia aime beaucoup rencontrer ses clients pour se plier à leur demande cependant elle fonctionne aussi très bien par email si vous habitez en Province. 150€ le service de 6 assiettes de diamètre 26 à 29 centimètres pour la porcelaine blanche décorée, 240€ le même service en version modelé de A à Z, prix sur demande pour les fleurs en pastillage. Olivia Pellerin sera au salon L’Appartement d’une Amoureuse les 5, 6 et 7 octobre 2017 rue d’Alger à Paris et elle animera également des ateliers de création (inscriptions juste ici)


3. Mon bonnet rose And Other Stories


Saviez-vous que dans le milieu de la mode, la couleur de ce bonnet en laine n’est pas “rose pâle”. Il s’agit d’un millennial pink. Une teinte qui à elle seule incarnerait la génération des djeuns ayant grandi avec Internet. Il y a même eu des articles sérieux sur le sujet. Et des moins sérieux comme celui-ci très drôle paru sur le site du Gardian. Cette couleur est partout. A commencer par chez moi puisque j’ai choisi un rose poudré pour habiller ma salle de bains gavée de produits de maquillage rose Glossier. Sur Pinterest, ça fait un moment qu’on lui consacre des moodboards truffés d’images du restaurant Sketch, designé par India Mahdavi. Dans les boutiques de fringues, vous avez probablement repéré au printemps dernier la déferlante de sweats rose nude pour les filles comme pour les garçons. Moi-même, j’ai cédé à la tentation en me faisant importer une combinaison Madewell rose pâle en mars 2017. Je ne sais pas si ce rose correspond à une génération (je ne fais clairement pas partie des millennials) mais il représente bien notre époque en quête de douceur et de réconfort. Une époque où l’on aimerait bien se calfeutrer chez les Bisounours et se mettre à l’abri des informations les plus violentes. Je me suis achetée ce bonnet chez And Other Stories il y a deux semaines quand il faisait froid. Je l’adore et ma fille rêve de me le piquer. Mais il parait que j’ai déjà tout faux puisque le millennial pink serait déjà démodé avec l’arrivée du revolutionnary red, un rouge flamboyant, icône de la marque Valentino et du communisme - ces deux mots dans la même phrase, c’est limite, je sais, mais ça a le mérite d’être évocateur. En attendant de résoudre cette question existentielle, je vais garder mon bonnet rose qui “ferait état de mon incapacité à assumer mon âge et la génération à laquelle j’appartiens”... :-) Bonnet Wool Beanie de And Other Stories, 25€


4. La Guinguette d’Angèle d’Angèle Ferreux-Maeght


Je suis assez fière d’avoir été l’une des premières à parler d’Angèle alors qu’elle n’avait même pas encore ouvert sa micro guinguette du premier arrondissement. C’était en 2014 et elle nous livrait alors la recette de son pudding aux graines de chia. Depuis, elle a ouvert deux adresses (l’une rue de la Coquillère, l’autre dans le 11e), publié un premier livre de recettes et m’a reçue dans son jardin laboratoire en juillet 2016. J’avais le moral dans les chaussettes ce jour-là et cette fille m’a fait l’effet de trois semaines de vacances dans les Cévennes. Angèle est aussi solaire que son sourire. Je l’adore. Elle vient de sortir un tout nouveau livre de cuisine. Je dis “livre” mais il s’agit plutôt d’une bible vu son format : 400 pages de recettes vegan, sans gluten ni lactose. Je sais qu’il y a parmi vous plein de grands sceptiques concernant les intolérances alimentaires. Vous êtes nombreuses et nombreux à croire que c’est une mode comme une autre, qu’il y a un paquet de charlatans qui en profitent pour nous faire manger n’importe quoi et qu’il y a aussi beaucoup de troubles du comportement alimentaire déguisés en allergies. Et je suis bien d’accord avec vous. Mais s’il y en a bien une qui est sincère dans sa démarche de naturopathe - diplômée - depuis le début, c’est Angèle ! Même si vous mangez de la viande, du poisson, du pain, des croissants et des yaourts au lait de vache, vous aimerez le nouveau livre d’Angèle. Elle ne fait le procès de personne, elle essaie juste de diversifier notre quotidien, de proposer des alternatives pour ceux qui ont de vrais problèmes de santé à cause du gluten et du lactose et elle a un milliard d’idées pour apprendre à transformer les légumes en festin. Et puis, contrairement à une nutritionniste dictatoriale, cette fille-là est une vraie gourmande. Ca se voit dans ses recettes et dans les photographies d’Aurélie Miquel. Félicitations Angèle, ce livre est sublime ! La Guinguette d’Angèle, les nourritures bienfaisantes d’Angèle Ferreux-Maeght, éditions Marabout, 25€


5. La pub Hermès pour Twilly


Il y a déjà quatre ans, j’écrivais un article sur la percée de la danse classique dans le domaine de la beauté pour M le magazine du Monde. Les codes esthétiques du ballet et la plastique résolument parfaite de la danseuse commençaient à envahir le monde du parfum comme celui de la mode. Très vite, ce courant s’est étendu à tous les types de danse, investissant les défilés de mode, les présentations presse, les performances dans les musées et les galeries d’art. Et la publicité télévisée. L’Himalaya ayant été atteint avec le film publicitaire du parfum Kenzo World dont je ne me suis toujours pas lassé (je vous en avais parlé juste ici en 2016). En quatre ans, on est sorti de la rigidité de la danseuse classique - qui continue bien évidemment à faire rêver - et l’on assiste désormais à l’expression de corps déchaînés et fougueux, ce qui illustre à mon sens notre besoin de décloisonnement. Pour son nouveau parfum Twilly, Hermès n’échappe pas à cette tendance. Ce n’est pas la première fois que la marque s’exprime à travers la danse. Je me souviens d’une soirée ahurissante il y a quelques années où tous les modèles dans la salle s’étaient mis à danser au milieu des invités, et aussi d’une chorégraphie de mannequins en maillots de bain à laquelle j’ai assisté trois fois d’affilée tellement c’était beau. La maison faisait d’ailleurs de la danse son thème annuel dès 2007. Pendant la soirée de lancement de ce thème, tous les invités découvraient à la fin du dîner qu’un tutu blanc avait été scotché sous la table, juste en-dessous de leur assiette. Ils avaient dû l’enfiler par-dessus leurs robes et leurs costumes… Ce ballet hétéroclite en tulle blanc avait ensuite été convié à un cours de danse géant. C’était magique. Cet automne, Hermès a fait appel au réalisateur belge Arnaud Uyttenhove pour mettre en scène la bande de jeunes filles du film dédié au nouveau parfum Twilly. J’adore cette pub, le casting des mannequins, le stylisme, le maquillage naturel qui jure avec l’over-make-up qu’on voit partout sur Youtube et qui me désespère, les cheveux lâchés (coiffés par Laurent Philippon dont j’admire le travail), la musique de Pilooski qui me donne envie de bouger, le faubourg Saint Honoré qu’on rêverait de voir tout vide et sans voiture au moins une fois dans sa vie, le fantasme du magasin Hermès rien que pour soi dont on ferait bien son terrain de jeu… Mais surtout j’adore la cohésion entre les filles. La manière dont elles se soutiennent les unes les autres. Pour moi, c’est ça la modernité aujourd’hui. Se soutenir. S’entraider. Rire ensemble plutôt que de se comparer ou se jalouser. Tout ça me réjouit. Quant au parfum qui s’adresse visiblement à une clientèle plus jeune que d’habitude, il est assez surprenant. La marque aurait pu emprunter le boulevard des caramels collants qui cartonnent. Ou faire un bouquet éthéré noyé dans les muscs blancs. Le parfumeur Christine Nagel a opté pour une voie olfactive drôlement audacieuse : la tubéreuse. Il y a un paquet de tubéreuses parmi les parfums qui sortent cet hiver mais elles ne sont pas vraiment conçues pour les jeunes filles. Celle d’Hermès est exotique, ultra lactonique, flirtant avec l’acidité du gingembre et le bois de santal qui amène beaucoup d’onctuosité. Twilly n’est pas une petite chose discrète. C’est une fleur blanche carnivore tout en volume. Deux jeunes femmes de mon entourage m’ont déjà appelée pour tenter d’en récupérer un flacon car elles en sont folles. Moi, je reste agrippée à mon Cristalle de Chanel, Twilly n’est pas pour moi. Cependant je serais heureuse s’il trouvait son public parce que cela signifierait qu’on peut avoir à la fois du succès et de l’audace… 57,95€ le flacon de 30ml, Twilly d’Hermès chez Sephora, 88€ le flacon de 50ml chez Hermès


6. Collection Victoria Beckham x Estée Lauder 


Quand les Spice Girls ont lancé leur premier tube en 1996, j’étais fan de Sonic Youth, de John Coltrane et des Pixies. Mais en cachette, je connaissais aussi les paroles de If you wanna be my Lover (...et aussi celles de Dieu m’a donné la Foi, mais plus d’une confession intime par post risque de nuire à votre santé. Et à ma réputation :-). Tout le monde avait sa “Spice” préférée - la sportive, l’ingénue, la bonne copine clownesque, la guerrière ou la bourgeoise - et celle qu’on surnommait Posh n’était clairement pas la mienne. Je préférais de loin Geri Halliwell qui semblait beaucoup plus sympa. Plus de vingt ans plus tard, je suis médusée par la trajectoire de Victoria Beckham qui a réussi à faire oublier son ancien statut de femme-de-footballeur-ex-chanteuse-marketée et est devenue une créatrice de mode respectée dans un milieu à priori hostile aux étiquettes multiples. L’an dernier, elle a passé un nouveau cap en se lançant dans la beauté avec le soutien d’Estée Lauder qui lui a permis de signer sa toute première collection de maquillage. Comme on pouvait s’y attendre, ses produits de maquillage ont fait un énorme carton. Il faut dire que les teintes comme les textures étaient vraiment bien pensées. Cet automne, une nouvelle collaboration Victoria Beckham X Estée Lauder revient avec une palette élargie de couleurs et de points de vente (on devrait pouvoir trouver la collection en Province, ce qui n’était pas le cas l’hiver dernier). Parmi les produits qui me paraissent les plus réussis, on trouve la crème Morning Aura qui permet de déposer un halo très subtil là où vous avez besoin de lumière (elle existait déjà en 2016, c’est une réédition qui a été dévalisée l’hiver dernier). Pile la radiance qu’on obtient après plusieurs cours de Yoga Kundalini. Ensuite, il y a les ombres à paupière liquides, une sorte de gelée métallisée. La teinte Burnt Anise est ma préférée, on dirait une crème de charbon mais la texture gélifiée permet de moduler la densité et une fois posée au doigt et séchée, aucune chance qu’elle migre autour des yeux. Mais le produit le plus surprenant est sans aucun doute le mascara. Je déteste la nouvelle vague de mascaras très épais qui font des cils en paquets bien noirs et collés. J’aime les effets cil à cil qui allongent délicatement et recourbent sans surcharge de matière. Je ne veux pas qu’on ait l’impression que j’ai mis des faux-cils. Et bien, je crois que Victoria Beckham a les mêmes goûts que moi. Son mascara est résolument parfait. D’ailleurs, je ne suis pas la seule à le dire, j’ai vu que Mathilde Lacombe (auteure du livre Une Question d’Equilibre qui vient tout juste de sortir) a confié être dingue de ce mascara dans ses stories sur Instagram. Collection Victoria Beckham x Estée Lauder, 65€ la crème Morning Aura, 40€ l’ombre à paupière liquide Burnt Anise, 38€ le mascara (disponibles jusqu’à épuisement des stocks)


7. L’exposition de Julie Safirstein chez 0fr


Souvenez-vous : en janvier 2017, je vous emmenais dans l’atelier de l’artiste Julie Safirstein, plasticienne et auteure d’oeuvres illustrées à partir de poèmes ainsi que de livres magnifiques pour les enfants. Cette brodeuse de papier expose son travail à la Galerie 0fr dans le troisième arrondissement à Paris, du 5 au 30 octobre 2017. L’occasion de découvrir en live la poésie chromatique que je vous avais dévoilée en janvier. Je suis l’heureuse propriétaire de l’une de ses oeuvres, constituée de fines bandelettes de papier peintes avec de la gouache (à l’intérieur seulement). J’écris d’ailleurs en la regardant. Chaque jour, elle me semble différente. La lumière vient ricocher sur la couleur nichée sur les tranches de papier. Quand le soleil est cru, la palette paraît plus vive. Lorsqu’il fait gris, on croirait une aquarelle. Courez chez 0fr voir le travail de cette artiste parisienne. Une vraie bouffée d’oxygène qui soulage de tout. Bravo Julie. Exposition Lux de Julie Safirstein chez 0fr.Galerie, du 5 au 30 octobre 2017, 20, rue Dupetit-Thouars, 75003 Paris, Ouvert de 10h à 20h, sept jours sur sept, métro Temple ou République