La santé connectée

8/07/2014
Photographie Ma Récréation
 
Je vous avais promis un post sur mon nouveau joujou, mon Jawbone, le voici. Ca faisait des mois que j’en entendais parler lors d’interviews sur les tendances actuelles mais c’est seulement à mon retour du Japon en mai que j’ai, pour la première fois, croisé une personne avec ce gadget autour du poignet. En l’occurrence, la journaliste Gentiane Lenhard qui écrit pour Le Parisien Magazine. Elle avait l’air si enthousiaste et si convaincue qu’en sortant de la présentation presse où nous étions, je me suis précipitée au Drugstore pour en acheter un à mon tour. Cet accessoire, qui ressemble plus à un bracelet de casier de piscine qu’à un bijou, se connecte à l’application « Up » sur Iphone et comptabilise chaque pas comme un podomètre classique. Mais il enregistre aussi le sommeil la nuit en l’analysant avec précision (sommeil léger, sommeil profond, micro réveil…). Vous allez me dire « non mais t’as pas besoin d’un machin électronique pour savoir si t’as bien dormi ou si t’as suffisamment marché quand même  ? ». Et bien si.
 
Premier constat au bout d’une semaine de vie avec ce truc inélégant autour de mon poignet : impossible d’atteindre les 10 000 pas recommandés par jour. J’arrivais péniblement à 4000 pas. Et pourtant, j’ai un nombre insensé de déplacements quotidiens entre les présentations presse, le journal, la maison. Bon et c’est là que je vais passer pour une « connasse » (humour, hein, ne prenez pas cette autodérision trop au sérieux) : si je marchais si peu à cette époque c’est que je me déplaçais systématiquement en bus, en Uber et en taxi d’un point à un autre, prétextant des talons trop hauts, un sac trop lourd, le métro qui pue et qui me déprime, etc… Cette prise de conscience de ma sédentarisation m’a immédiatement fait penser au film Wall-E et à ces humains tout ronds qui roulent et ne savent plus marcher. Dès le lendemain, j’enfilais une paire de ballerines, je glissais mes hauts talons dans mon sac, à l’américaine, et je me décidais à reprendre le métro et surtout à descendre un arrêt avant ma station pour marcher un peu plus. A chaque fois qu’on augmente son score, c’est grisant, on a toujours envie de mieux faire. Et on se surprend le weekend à atteindre 12 000 ou 15 000 pas. Evidemment, il y a encore des journées où je ne fais rien. Mais je suis globalement plus active. Et si vous pratiquez un sport en plus de la marche (natation, cardio, musculation ou vélo) vous pouvez rentrer manuellement votre activité pour augmenter votre score.
 
Quant au sommeil, c’est hyper intéressant de comprendre enfin pourquoi malgré certaines nuits suffisamment longues, on se réveille fatigué : on n’a pas eu notre dose de sommeil profond ! Le Jawbone établit des statistiques, propose chaque jour des conseils différents pour se sentir en meilleure forme. On peut aussi s’en servir de réveil (il vibre au poignet) en le programmant pour qu’il nous alerte lorsqu’on est en phase de sommeil léger. On peut, mais je pense que c’est le début de la fin de la santé mentale, comptabiliser tout ce qu’on mange afin de savoir combien de calories on a consommées. On peut aussi le faire vibrer à chaque fois qu’on est resté inactif trop longtemps ou pour qu’il nous rappelle de boire régulièrement. Moi, je ne m’en sers que pour vérifier où j’en suis niveau marche et sommeil.
 
La semaine dernière, j’ai assisté à une conférence organisée par l’agence de prospective NellyRodi qui a consacré un large volet à ces nouveaux objets (Fitbit, Shine, Nike+Fuelband, Gear Fit). J’ai ainsi appris qu’aux Etats-Unis, certaines assurances réduisent le prix de leurs contrats lorsque l’on porte ce type de bracelets et qu’on peut ainsi prouver qu’on marche ou court régulièrement. Bienvenue à Gattaca ! Pire encore, Google va lancer le programme Google Fit pour concurrencer le projet Apple Health Kit : il sera à mon avis bientôt impossible d’ignorer le fait qu’on n’a pas assez marché, dormi, couru, mangé de fruits et légumes… Ce qui pourrait avoir des conséquences lourdes sur la santé psychique de chacun si l’on se sent constamment traqué. Sans parler des effets néfastes si un employeur, une mutuelle, un propriétaire ou une banque ont accès à ces informations. Miam ! Le futur qui se profile n’est pas du tout angoissant ! En attendant, et parce que je suis pleine de contradictions, je continue à me servir de mon Jawbone. Pas de façon hystérique, juste pour me sentir mieux. Et ça marche…