Blue mood

4/03/2015


Pardonnez-moi pour ce long silence. Je n’arrive pas, en ce moment, à m’organiser pour vous écrire. Mais je suis là, pas très loin du blog. Il vous suffit de me suivre sur Instagram, Twitter, Pinterest ou sur Facebook pour apercevoir mes aventures quotidiennes. Aujourd’hui, je voulais vous parler de l’exposition « Blue Print » qui vient de démarrer chez Colette. Il s’agit de grands tableaux composés à partir d’objets collectionnés par Bob Melet. J’ai rencontré Bob Melet dans son show-room baptisé Melet Mercantile à New York. C’est Domino Lattès, toujours bien connectée, qui m’a conduite dans cette vintagerie secrète qui ne reçoit que sur rendez-vous. A l’époque, Pinterest n’existait pas encore. Ni Instagram, ni tous ces tumblr à l’instar de Things Organized Neatly qui répertorient les rangements par thèmes. A la seconde où l’on est entré dans ce lieu, on est devenu folles.



Bob Melet est obsédé par les archives de la mode. En particulier les vêtements américains. Chaque saison, il reçoit les plus grands créateurs qui viennent s’inspirer discrètement dans cette friperie de luxe. Aux murs, il crée des mis en scènes ahurissantes de beauté, mélangeant des photos noir et blanc d’icônes, des objets de la même époque, des toiles de denim Amish, des vestes d’Indiens d’Amérique. C’est un vrai travail de styliste, bien plus élaboré que n’importe quelle page de magazine de mode. Il a des collections délirantes de tee-shirts de surfers californiens des années 1960, des dentelles du début du 20e siècle, des sabots anciens pour enfants. Il suffit de lui donner une date pour qu’il vous sorte des trésors parfaitement conservés (et à prix d’or, ça va de soi). Imaginez la mine pour des directeurs artistiques qui ne cessent de puiser dans l’histoire de la mode. Ils peuvent acheter des pièces rares des années 30, désosser les coupes, copier les trames des vestes militaires, emprunter une broderie... Bob Melet a même des tonnes d’étiquettes de flacons de beauté (j’en ai fait encadrer quelques unes chez moi) rangés dans des classeurs.



Pas étonnant que cet expert de la mode américaine ait longtemps travaillé avec Ralph Lauren. C’est d’ailleurs lui qui a collaboré à la conception du label génial pour hommes : RRL & CO. Même si je n’avais pas Instagram à l’époque, je peux vous dire que mon appareil photo me brûlait les mains lors de ma visite. Je lui ai demandé si on pouvait faire quelques images. Il m’a répondu très gentiment qu’il était bien évidemment hors de question que j’emporte avec moi la moindre photo. D’ailleurs, il refuse tout type de reportage sur ce show-room new yorkais et invite toujours les journalistes à aller voir sa friperie de Montauk, plus accessible. Bref, si vous n’avez jamais entendu parler de lui et que vous aimez la mode, sachez qu’il fait partie de ces spin-doctors qui nourrissent constamment les créateurs. Et je vous recommande vivement d’aller observer ses mood boards gigantesques chez Colette. Ils vous donneront sans doute envie d’arranger toute votre déco avec des vieux souvenirs oubliés dans vos tiroirs…


Blue Print chez Colette, jusqu’au 21 mars 2015, 213 rue Saint Honoré, Paris 1er .