Au vert

14/05/2013

Photographie Ma Récréation 

Je m’étais promis d’écrire et de préparer plein de posts pour le blog la semaine dernière quand j’étais dans les Cévennes. Finalement, je n’ai rien fait. Mais vraiment rien. A part feuilleter des magazines, cuisiner en famille, écarter les orteils, regarder les lilas pousser, compter les bourdons dans la glycine et tenter quelques brasses dans la rivière gelée. J’ai même eu le temps de lire le dernier roman de Jean-Claude Ellena, Parfumeur Maison chez Hermès, intitulé La Note Verte. Il avait déjà confié sa vision du métier dans Le Journal d’Un Parfumeur, un ouvrage que j’ai dévoré il y a deux ans. Il nous plonge aujourd’hui dans une fiction très inspirée de la réalité où l’on le reconnaît aisément sous les traits du nez Claude Nael, le personnage principal de ce roman. Si vous ne connaissez rien à cet univers, vous en saurez un peu plus sur la manière dont se créent les fragrances. Les patrons de marque qui utilisent, parfois, les parfumeurs comme des pantins. Les compositeurs qui ne se privent pas de copier les formules qui marchent. La façon peu glorieuse avec laquelle certains remportent les compétitions. Les « tests conso » qui permettent d’évaluer nos goûts (j’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet juste ici). En lisant, je me suis souvenue de lancements comme ma visite de la cave à cuir Hermès à Pantin et de la note « fleur de cuir » derrière le parfum Kelly Calèche. Mais aussi la cérémonie des Fifi awards, l’année où Jean-Claude Ellena a reçu un prix. Au fil des mots, j’ai pensé à l’Eau de Narcisse Bleue, la dernière Cologne Hermès. Une merveille que je superpose actuellement avec mon Chanel N°19. Un jeu de correspondances qui fonctionne sans doute grâce à l’iris et au galbanum infusés dans les deux formules. Et puis, cette eau pour soi me rappelle aussi un voyage en Lozère où j’ai assisté à la récolte du narcisse il y a presque dix ans. Une escapade en Auvergne où l’on récolte les fleurs et leurs tiges bien vertes au peigne fin chaque printemps. Et – je me trompe peut-être ? – l’Eau de Narcisse Bleue me rend dingue car elle m’évoque, en tête seulement, le magnifique Grey Flannel de Geoffrey Beene. Une violette tellement chic qui a inspiré des senteurs comme Fahrenheit de Dior, Green de Byredo ou Ombre de Hyacinth de Tom Ford (sortie l’an dernier). Au début du roman, Claude Nael explique qu’il croit au retour des notes vertes et à la fin des senteurs sucrées et gourmandes. Comme j’aimerais qu’il ait raison. Il est grand temps qu’on démarre un nouveau cycle olfactif, non ?
 
La Note Verte de Jean-Claude Ellena, Edition Sabine Wespieser, 16€