Pourquoi piétiner les rêves d’enfants ?

21/10/2012

Photographie issue du chef d’oeuvre Peau D’âne de Jacques Demy 

Ici, je ne parle habituellement que de ce que j’aime. Ce soir, cependant, je vais faire une exception. Toujours en quête d’idées pour enrichir les weekends en famille, j’ai racheté trois places à une amie pour aller voir le spectacle de Peau d’âne au Théâtre de La Madeleine ce dimanche. Le prix était bradé, je n’ai pas vraiment pris le temps de réfléchir. Ma fille et sa copine étaient à bloc et j’étais secrètement aussi excitée qu’elles. En chemin, on fredonnait la chanson du Cake d’Amour et même si je me doutais que la princesse n’aurait probablement pas la beauté de Catherine Deneuve, j’espérais retrouver les mélodies de Michel Legrand. J’aurais sans doute du me renseigner sur la mise en scène avant de me précipiter sur les places. La punition a été à la hauteur de mon inconséquence. Première chanson, levée de rideau et montée nauséeuse : pas de Michel Legrand, pas de costumes couleur pastel, pas de décor poétique. Un immonde château en toc et des chanteurs « à voix » hurlant sur une mélodie typique des comédies musicales sponsorisées par TF1. Sur un thème aussi délicat que peut l’être l’interdiction de l’inceste, l’auteur du spectacle a jugé bon de surligner l’intrigue au stylo rouge, ajoutant des prostituées dans le château et faisant dire à sa princesse « j’ai besoin de me laver  » après que le roi l’ait demandée en mariage. Cette Peau d’âne injectée de Star Ac’ m’a agressée. Comme si la vulgarité souillait mes rêves d’enfant sans aucun scrupule. Ma fille s’est mise à sangloter, regrettant Jean Marais, ce qui m’a offert une excuse en or pour mettre fin à cette torture. On s’est réconforté devant le film de Jacques Demy et un goûter royal. Dans l’éventualité où vous auriez prévu d’y aller, je vous le déconseille vivement. Sauf si vous avez toujours vomi sur les musiques de Michel Legrand et que vous avez une faiblesse pour Kamel Ouali.
 
A éviter à tout prix donc : Peau d’âne la comédie musicale, livret et mise en scène d’Ismael Djema, musique de Julien Dauplais, jusqu’au 6 janvier 2013 au Théâtre de la Madeleine à Paris