Yoga Bikram

19/01/2012

Poussée – traînée – par le coach sportif Audrey Fourcade qui ne peut plus s’en passer, je suis enfin allée tester un cours de Yoga Bikram dans l’un des deux centres éponymes à Paris. Elle m’avait prévenue qu’il fallait apporter deux serviettes propres, une tenue très légère et une grande bouteille d’eau mais je n’avais pas bien saisi pourquoi mon leggin habituel était inadéquat. Il faut dire que le principe du cours est de pratiquer un yoga dynamique dans une salle chauffée à 40 degrés. Le genre de température qui prend la gorge sur le tarmac de l’aéroport d’Athènes en plein mois d’août. Première impression à l’entrée : un nombre incalculable de très jolis garçons en train de se déchausser et le sourire radieux de la prof à la silhouette aussi affûtée qu’un stiletto Louboutin. Elle m’explique comment vont se dérouler les quatre-vingt dix minutes à venir : « Surtout, essayez de supporter la chaleur le plus longtemps possible, ne sortez pas de la salle, asseyez vous si vous avez un malaise ou la nausée » dit-elle pour rassurer les nouveaux arrivants avec son accent américain. Aux vestiaires – à la surface très limitée – des dizaines de filles en mini shorts et en maillots de bains, le regard déterminé et les cheveux minutieusement relevés. J’entre enfin dans la salle des tortures : une pièce immense où des corps sont allongés dans la pénombre en attendant le début du cours. Les hostilités ont déjà commencé : comment supporter l’odeur alors que personne n’est encore dans l’effort ? Un mélange entre un local après ski, un vieux tatami et les vestiaires d’un stade de foot. Audrey promet qu’on s’habitue à la longue, ce qui me paraît difficile puisque la respiration en yoga se fait exclusivement par le nez mais je résiste à la tentation de partir en courant. Les lumières se rallument, l’enseignante entre en scène, un micro greffé sous le menton. Les postures s’enchainent dans des chutes du Niagara de sueur et une concentration religieuse. Amusée par le maillot à rayures de mon voisin, je finis miraculeusement par lâcher prise. L’odeur puissante m’indiffère, j’oublie les autres élèves, je suis, sans savoir comment, uniquement connectée avec l’intérieur de moi. Et je comprends brusquement le succès de la pratique. Le dépassement de soi est tel qu’il nous rapproche de nous même. Il faut compter une bonne demi heure après le cours pour prendre une douche – impossible de rentrer chez soi pour se laver dans cet état -, se rhabiller au milieu d’une basse cour de filles cherchant leur culotte et se frayer dix centimètres carré devant le miroir. Mais la sensation de bien-être et de détente est tellement dingue qu’on a sincèrement envie d’y retourner. Mieux vaut cependant ne rien avoir programmé le soir même : décès prévu dès 21h sur le canapé. Une discipline idéale pour ceux qui veulent relever un défi, perdre du poids (les habitués sont super minces) ou faire disparaître des douleurs dans le dos (ce qui me paraît étonnant mais les professeurs me garantissent que c’est le cas).

 
Yoga Bikram Marais 13, rue Simon Le Franc, Paris 4e, Tél. : 01 42 47 18 52 ou Yoga Bikram Grands Boulevards, 17, rue du Faubourg Montmartre, Paris 9e, Tél. : 01 42 47 18 52, 25€ le cours d’Ih30 à l’unité, 190€ la carte de dix cours, abonnement illimité à l’année 1200€, jusqu’à 7 horaires de cours par jour, toutes les deux heures, et un cours en anglais par jour dans les deux centres