Outdoor Voices, la marque qui donne envie de bouger

6/03/2017


Vous avez peut-être remarqué que j’ai augmenté le rythme des publications depuis mon retour de New York ? Si vous n’êtes pas venus ici depuis dix jours, voici une cascade de posts à lire : Comment partir à New York en mode low cost ? le nouveau nail bar Van Court dans le sud de Manhattan, ma dernière série beauté pour Milk Magazine, mes recettes de brunch dans le magazine Zeste, la splendeur de l’Hôtel Greenwich, les cours de fitness jouissifs de Taryn Toomey, le yoga perché de Woom Center, les salades healthy de Smith and Mills, l’açaï bowl délicieux de Two Hands, le cinéma lifestyle du lower east side… Dans très peu de temps, je serai absorbée par la préparation du prochain Spécial Beauté de M le magazine du Monde (et par bien d’autres missions) et je ne pourrai probablement pas dédier autant de temps au blog. En attendant, voici une nouvelle adresse incontournable si vous aimez le sport : Outdoor Voices.



Photographie Lili Barbery-Coulon


Située pile à côté du centre de yoga kundalini Golden Bridge Yoga (dont je vous reparlerai dès que possible), cette boutique de vêtements sportswear m’a été recommandée par Emily Weiss. « You’re gonna love it ! » m’a-t-elle déclarée. Connaissant ses exigences en matière de style, j’ai profité d’un cours de kundalini chez Golden Bridge pour m’y rendre. Je dois vous avouer que je n’ai jamais investi beaucoup d’argent dans un vêtement de sport. La plupart de mes tenues de yoga viennent de chez H&M, Gap ou de la marque American Apparel qui est, comme vous le savez sans doute, en train de s’éteindre progressivement. Je me pose évidemment des questions sur l’endroit où ces vêtements ont été conçus, l’origine du coton et des matières premières mais vu la fréquence à laquelle je les lave, j’ai du mal à dépenser plus. En dehors d’une courte période dans les années 1990 pendant laquelle j’ai rêvé d’avoir un survêtement Compagnie de Californie comme toutes les collégiennes de ma classe au Lycée Buffon, les vêtements de sport m’ont toujours laissé indifférente. Sans doute parce que jusqu’à il y a six mois, j’y consacrais maximum une heure par semaine (et ça me semblait déjà héroïque).


Photographie Lili Barbery-Coulon


Si vous me suivez sur Instagram, vous savez que ce rythme a beaucoup évolué depuis septembre. L’arrivée du yoga kundalini a changé beaucoup de choses dans ma vie. Sur un plan physique mais surtout spirituel. J’y vais à présent au moins deux fois par semaine, parfois trois lorsque c’est possible, et quand ça ne l’est pas, je me surprends à pratiquer seule à la maison, même pendant quelques minutes. Les adeptes de ce yoga le pratiquent en blanc, souvent dans des grandes blouses amples qui ne me plaisent pas beaucoup et que je ne trouve pas compatibles avec l’intensité de l’effort. De mon côté, je me suis toujours habillée en noir ou en couleurs sombres pour faire du sport (et pas que d’ailleurs), dans l’espoir d’amincir optiquement ma silhouette. Cependant, depuis que j’ai entendu dire que le blanc servait de bouclier aux énergies toxiques de notre entourage et que le noir les absorbait, j’introduis progressivement d’autres teintes ☺. Lorsque je suis entrée chez Outdoor Voices, j’ai immédiatement été attirée par un bleu pâle subtilement chiné de fil bordeaux. Mais c’est en essayant ces vêtements que j’ai compris pourquoi cette marque a autant de succès.



Cette image est actuellement celle qui apparait lorsqu’on se connecte au site de la marque. 


Fondée en 2014 par Tyler Haney, une jeune américaine de 28 ans qui participait ce weekend au grand rassemblement Girl Boss, la marque Outdoor Voices s’adresse aux sportifs, bien évidemment, mais aussi à tous ceux qui ont envie de bouger, qu’il s’agisse d’une promenade avec son chien, d’un match de foot avec ses gosses ou d’une marche rapide entre potes. Pas besoin de challenge démesuré ou de semi marathon à préparer pour entrer dans la boutique. La photo d’accueil du site de la marque montre une bande de femmes aux corps victorieux. Certaines sont minces, d’autres moins. Leur seul point commun est la force qui émane de chacune d’entre elles. Cette image n’a l’air de rien et pourtant elle montre une unité inhabituelle. Une noire, une blanche, une asiatique et des filles visiblement métissées. Une taille fine, des cuisses dodues, des ventres musclés et d’autres un peu moins plats. Je ne suis pas naïve : je me doute que cette photo de filles exclusivement jeunes est retouchée et qu’elle n’est pas une transcription de la réalité. Néanmoins le casting comme le stylisme (la posture des filles, le choix du gris perle qui n’amincit pas, les tons nude en fond de cour, la main qui brandit un ballon de basket, le regard tourné vers la balle de tennis et vers le ciel, la complicité et la joie partagée…) donnent envie d’être fière de son propre corps. Enfin, c’est l’effet que ça me fait et je me réjouis que les lignes bougent même au niveau purement visuel. Ca dénote avec l’allure décharnée qu’on voit défiler depuis quelques années sur les podiums.



Photographie Lili Barbery-Coulon


Au delà de l’image, il suffit d’essayer leggins et brassière pour se laisser convaincre. C’est en se rendant sur un salon dédié aux matières techniques du futur que Tyler Haney a eu l’envie de créer sa marque. La ligne « Textured Compression » est fabriquée dans une matière ultra ferme qui lisse les défauts sans asphyxier la chair. On se sent immédiatement galbé. Embelli. Les tissus sont mats et opaques, les coupes très flatteuses et les couleurs désirables. Pas de fluo comme chez les équimentiers sportifs habituels, mais du marine, du noir délavé, des prunes, des bleus, des gris... Il y a aussi d’autres gammes plus « moelleuses » avec des t-shirts fluides tout doux, des pantalons de survêtements qu’Emily Weiss a achetés dans toutes les couleurs pour voyager et même aller bosser. Et elle n’est pas la seule à avoir adopté la marque : Leandra Medine Cohen, la fondatrice de Man Repeller comme Lena Dunham, créatrice de la série Girls, sont aussi des fans. Tyler Haney ne voulait pas seulement développer des produits techniques. Elle voulait une ligne qui se rapproche du style épuré des vêtements qu’elle porte habituellement, à l’instar de ses fringues A.P.C (les deux marques ont d’ailleurs créé une collab). Un pari qui me paraît largement réussi et qui a été couronné de plusieurs levées de fonds phénoménales.


Photographie Lili Barbery-Coulon. Comme ça vous voyez comment je laisse mon pantalon en boule au sol et mon vieux kleenex (que j’ai ramassé avant de partir, je vous rassure)


Quant à la boutique de Nolita, elle est irrésistible : les vendeurs y sont disponibles et de très bon conseil. Le mobilier, le mélange du bois chaud avec les murs gris pâle, la moquette ultra épaisse et les sièges en feutre coloré donnent envie d’y passer la journée entière. Le magasin soigne d’ailleurs ses clients en leur proposant régulièrement des cours gratuits afin de découvrir une nouvelle activité sportive ou en leur fournissant une excuse pour se retrouver ensemble. Le matin où je suis passée, il y avait des jus de fruits et des puddings de chia offerts à la caisse. J’ai trouvé ces petites attentions « feel good » très malignes. Le seul point faible de la marque réside dans la gamme de prix. $70 le leggins qui arrive aux genoux, $85 celui qui descend jusqu’aux talons, $50 la brassière ou encore $95 le pantalon de survêtement : c’est élevé pour une tenue de sport. J’ai craqué sur l’ensemble bleu. Je me sens si bien dedans (la brassière est idéale lorsqu’on a une forte poitrine) que je regrette à présent de ne pas l’avoir achetée dans une autre couleur. La prochaine fois que je vais à New York, je me prends la version blanche ☺ !


Outdour Voices, 251 Centre Street, NY 10013, New York City, du lundi au mercredi de 11h à 19h, du jeudi au samedi de 11h à 20h, ouvert le dimanche de 11h à 18h, Tel : +1 646 861 1023