Box and Flow à New York

2/05/2017


Hier, je vous parlais du cours de boxe parent-enfant du Noble Art Club. Aujourd’hui, je continue sur ma lancée combative avec une activité ahurissante découverte en février à New York : Box and Flow. L’objectif de ce cours qui associe boxe et yoga est simple : se sculpter un corps de bombasse en un temps record. J’avais évidemment lu dans la presse féminine que la boxe était une activité adorée des mannequins mais je n’ai jamais été attirée par cette discipline. Ca me paraissait trop violent. Néanmoins, lorsque je suis arrivée à Manhattan et que j’ai demandé à mes copines journalistes new-yorkaises ce que je devais absolument tester, elles m’ont toutes parlé de cette nouvelle salle ouverte il y a quelques mois downtown. Alison Beckner, co-fondatrice du site Inside Out, avait d’ailleurs encore des courbatures aux triceps à cause d’un test dans ce club quatre jours plus tôt, lorsque nous nous sommes retrouvées pour boire un verre.


Photographie Lili Barbery-Coulon (la salle Box and Flow)


Je me suis donc inscrite à 7h le lendemain matin. Comme partout ailleurs à New York, inutile d’être abonné pour assister à un cours. Il suffit de choisir son horaire en ligne et d’enregistrer son numéro de carte bleue. Pas d’échange d’argent sur place ni d’agenda compliqué. On fait tout soi-même via l’interface digitale. Située au premier étage d’un petit immeuble sur Bond Street, la salle Box and Flow peut accueillir une douzaine de participants maximum par session. Pas de fenêtre dans l’espace, on pratique dans la pénombre avec une lumière tamisée et accompagnée d’une musique très forte variant de Nirvana aux Beastie Boys. J’ai reconnu la prof à son micro oreillette (et à sa musculature affutée), c’était d’ailleurs la seule capable de sauter et rebondir comme si elle avait des ressorts sous ses baskets à 7h du matin. On nous a distribué des bandes de protection à mettre sous les gants de boxe et le cours a démarré aussi sec.


Photographie Lili Barbery-Coulon. Voici une élève, ce n’est pas Olivia Young la fondatrice dont je vous parle dans le texte, mais une de ses proches


Même si je n’ai aucun mal à comprendre l’anglais, je dois dire qu’au bout de cinq minutes, j’étais complètement larguée. Quand il fallait frapper à droite dans le sac, je frappais à gauche, quand tout le monde enchainait les uppercuts, moi j’en étais encore aux crochets… j’ai constamment eu, pendant ce cours, cinq minutes de décalage par rapport au reste du groupe. En tous cas, j’étais synchro sur un point : au bout d’un quart d’heure, on était TOUS en nage. Il faut dire que je n’avais jamais imaginé que la boxe exigeait autant sur le plan cardio. Je comprends désormais pourquoi les mannequins trouvent cette activité très efficace : ça pompe le cœur hyper rapidement, du coup, ça sèche la silhouette si l’on en fait régulièrement. On bouge sans arrêt, on plie ses genoux, on se redresse, on met une énergie dingue dans chaque action… Bref, je comprends mieux pourquoi Martine de Richeville a choisi ce sport pour sculpter sa silhouette.


Photographie Lili Barbery-Coulon : vous la voyez la montée cardiaque que je me suis tapée pendant le cours ha ha ha, bonjour les joues rouges


La partie du cours dédiée à la boxe dure un peu plus de la moitié de la séance. Lorsqu’on est bien échauffé, le professeur demande aux élèves de se mettre par deux. Chacun a son tour doit tenir le sac de frappe pour son partenaire et l’encourager. Et me voilà en sueur, en train de frapper avec des gants de boxe à 7h20 du matin, avec de la musique plein les oreilles et la voix d’une prof déchainée, encouragée par une inconnue new-yorkaise venue prendre sa dose d’endorphines : « Yeah, you can do it ! come on, you’re doing great !  ». Han, j’étais pétrifiée d’embarras car je me disais : « dans deux minutes, tu vas devoir l’encourager et hurler à ton tour »… C’est tellement américain et tellement loin de notre culture française… J’ai pris mon courage à deux mains (enfin le sac de frappe plutôt) et je me suis mise à crier « yeah, good  »… J’étais ridicule ☺ le son émis par mes cordes vocales était pathétique, il puait la gêne. J’ai fini par me dire que je ne reverrais probablement plus jamais cette élève et qu’il fallait que je mette mon embarras de côté et que je l’encourage vraiment. Je l’ai fait et je me suis même fait prendre au jeu. J’ai fait un genre de un hug à ma partenaire… C’est dire si ma capacité à me newyorkiser est élevée ☺


Photographie Lili Barbery-Coulon, mon premier cours de boxe !


Brusquement, la musique a changé de rythme, la lumière a presque complètement disparu et tout le monde s’est rué sur son tapis pour la suite du cours. Olivia Young, la fondatrice de Box and Flow fait du yoga depuis l’âge de 15 ans. C’est aussi une dingue de boxe et de nutrition healthy. J’ai mis un long moment à comprendre que ma voisine de tapis qui faisait si bien toutes les postures, c’était elle ! On enchaine des salutations au soleil enrichies, en mouvement constant. Ca ressemble plus à de la danse qu’à un cours d’Iyengar où l’on chercherait à trouver l’alignement parfait. On n’a pas le temps de s’installer dans une posture qu’il faut passer à la suivante. Encore une fois, j’étais un peu perdue et bien contente d’avoir une voisine aussi douée pour me repérer dans tous ces étirements. Le cours se termine au bout de 55 minutes et l’on ressort extrêmement détendu et un peu chancelant au niveau musculaire. J’ai eu des courbatures pendant plusieurs jours derrière les bras, pile là où l’on se plaint quand la chair pendouille. Résultat : Box and Flow est à la fois ludique et efficace si l’on cherche à changer de silhouette. En revanche, je trouve que le cours mériterait d’être mieux expliqué aux débutants. Gros avantage : les horaires des cours qui débutent à 6h30. Enfin, mieux vaut prévoir de repasser chez soi prendre une douche avant de filer au bureau. En sortant, je suis allée petit-déjeuner chez Honey Brains, juste à côté, un nouveau lieu ouvert par des belges, fans de miel. Un bon spot pour ceux qui sont en quête de wifi et de jus énergisants.


Photographie Lili Barbery-Coulon : Honey Brains


Box and Flow, 55 Bond Street, 2nd Floor, New York, NY 10012, $33 le cours (matelas de yoga propre, serviette et gants fournis par la salle). Tarifs dégressifs avec l’achat de plusieurs cours. Honey Brains est au 272 Lafayette Street juste à côté.



Photographies Lili Barbery-Coulon : Honey Brains en sortant de Box and Flow