Yoga Kundalini #2 de nouvelles adresses pour pratiquer

12/07/2017


J’ai mille choses à publier sur le blog. De sublimes photos à partager. Des créateurs à vous présenter. Des coups de cœur à livrer. J’ai manqué de temps ces dernières semaines. Ce n’est pas grave, j’accepte de ne pas pouvoir tout faire en une journée. Mais avant de reprendre le fil des articles en attente, je voulais vous parler à nouveau du yoga kundalini. Si vous me suivez sur Instagram, vous savez déjà combien cette pratique a changé ma vie ces dix derniers mois. Vous êtes nombreu.ses.x à me demander où pratiquer, à me questionner sur le blanc, le turban, les mantras, les profs… Je vais essayer avec cet article de répondre aux demandes qui reviennent le plus souvent, mais n’hésitez pas à réagir dans les commentaires si vous avez des questions supplémentaires.


Photographie Bastien Coulon, moi dans les Cévennes un matin, en mai 2017


J’ai découvert le yoga kundalini grâce à mon amie Aurélie Banon avec qui je suis partie en vacances en août 2016 à Essaouira. Elle m’a vue méditer avec mon application Headspace. Connaissant mon goût pour les thérapies holistiques, elle sentait que ce yoga-là était fait pour moi. J’avais aussi vu que mon amie Anne Bianchi en parlait énormément sur son fil Instagram. Mais j’avais pas mal de résistances. Comme je vous l’ai déjà dit : je n’aimais pas vraiment le yoga, ou plutôt je n’aimais pas le fait que cette pratique me mette aussi vite face à mes limites physiques (pas assez souple, pas assez agile, pas assez musclée) et m’exige en plus de souffrir en silence, en respirant profondément… Je vous ai raconté le choc ressenti dès mon premier cours de yoga kundalini avec Caroline Benezet au Tigre Yoga Rive Gauche dans cet article. Les perceptions après un premier cours de kundalini diffèrent d’une personne à l’autre. Tous n’ont pas une révélation comme moi, néanmoins j’ai pu constater que ça arrivait assez fréquemment. Ce qui revient souvent parmi les témoignages des néophytes à l’issue d’un cours, c’est : « je me sens super détendu.e » et « euh, c’est très intense, j’ai trouvé ça difficile sur le plan physique », « je n’ai pas vu le cours passer  », « je n’ai pas eu le temps de réfléchir à mon quotidien ». Personnellement, je n’ai encore rien trouvé de mieux pour débrancher le mental pendant une heure trente.


Photographie Anne Regard. Anne Bianchi et moi dans son studio Satnam Montmartre


Le yoga kundalini ne s’est pas contenté de modeler mon corps et de dessiner des muscles dont je ne pensais pas avoir hérité à la naissance. Il a aussi éclairé mon teint. Au point que ma consommation de maquillage a diminué de façon drastique. Mais ça, c’est juste la face émergée de l’iceberg. A l’intérieur, la transformation est bien plus dingue. Je vous rassure, je suis toujours la même, avec une tendance naturelle à l’hystérie dans des situations asphyxiantes – les embouteillages qui mettent en retard, le métro bondé, le tsunami d’emails à lire en fin de journée – ou conflictuelles – une engueulade avec ma fille qui met trois plombes à enfiler ses chaussures alors qu’on doit partir à l’école, une prise de tête avec quelqu’un que j’aime, le service technique de chez Orange ou un bug sur mon ordinateur... Je suis très loin du calme monacal lorsque je suis mise à l’épreuve au quotidien :-)


Pourtant, quelque chose a changé. En profondeur. Comme si ma petite radio interne s’était branchée sur une nouvelle fréquence. Une bande que je ne connaissais pas. J’ai appris à débrancher le flot de mes pensées, très rapidement, comme si j’avais accès à un interrupteur. Cette capacité est assez récente et je pense qu’elle récompense la régularité de ma pratique (trois cours d’1h30 par semaine + beaucoup de méditation à la maison et si je suis en vacances ou en weekend prolongé, je pratique quotidiennement seule). Au delà de mes abdominaux, j’ai musclé mon abilité à regarder à l’intérieur de moi, à écouter ce silence qui n’appartient qu’à moi et à voir surgir sans jugement des images, parfois des pensées ou juste des sensations qui me guident et m’aident à prendre les bonnes décisions pour moi. Personne ne me dicte quoi que ce soit. Ni mes profs de yoga, ni thérapeute, ni psy, ni nutritionniste, ni coach de vie (ça fait d’ailleurs très longtemps que je n’ai pas ressenti le besoin de consulter qui que soit d’ailleurs)… J’ai juste développé ma propre intuition grâce à la technique du yoga kundalini. Il m’arrive de sortir d’un cours en sachant exactement de quoi j’ai besoin ou la direction dans laquelle je souhaite aller. Et je n’ai plus d’autre choix parce que je sais que c’est le seul qui résonne en moi. Je travaille sur moi depuis l’âge de 16 ans. J’ai expérimenté la psychothérapie analytique, la psychanalyse, l’hypnose, l’EMDR (qui reste à mon sens l’une des techniques les plus efficaces sur les traumatismes), les thérapies comportementales et cognitives, la psycho-bio-acupressure, et tout un tas de thérapies corporelles et énergétiques, ostéopathie, réflexologie, shiatsu, acuponcture, psychologie corporelle, massages en tout genre, healing énergétique, sophrologie, méditation en pleine conscience… Je ne sais pas si c’est le kundalini qui réunit le meilleur de toutes ces thérapies ou bien si c’est parce que j’ai autant travaillé que je peux aujourd’hui récolter le fruit de mon acharnement à faire vibrer ma résilience. En tous cas, je n’ai jamais rien vécu d’aussi complet. Je n’ai d’ailleurs plus un seul problème de dos alors que j’ai passé des années à consulter pour des lumbagos en tous genres. Je trouve, en prime, dans cette pratique, la dimension spirituelle qui m’a toujours manquée puisque j’ai grandi sans croyance ni folklore religieux. Le kundalini ne m’a pas donné envie de croire en Dieu. Il me rappelle juste que je fais partie d’un tout, que je m’inscris dans infiniment plus grand que moi. Appelez ça comme vous voudrez : la nature, le système solaire, les autres galaxies, l’univers, le cosmos, le divin… Il m’apprend à considérer chaque être humain comme mon égal et me sort de mes complexes d’infériorité ou de supériorité. Lorsque je juge mon entourage, c’est moi que je juge et fragilise (observez les jugements permanents que nous faisons du look, de l’âge, du poids, de l’apparence des autres ou de leur façon d’éduquer, travailler et vivre comme si nous détenions une vérité supérieure...). Lorsque je soutiens le talent qui jaillit chez les autres, c’est mon propre talent qui se déploie. Mais surtout il augmente chaque jour mon potentiel joyeux. Il a décuplé mes pensées positives et me permet de mieux recevoir les nouvelles difficiles qui continuent à rythmer le quotidien, qu’on le veuille ou non. C’est un changement complet de « mindset ». Est-ce que je suis une « illuminée » pour autant ? Je ne le crois pas. En tous cas, la vie est beaucoup plus lumineuse depuis quelques mois. Ma peau aussi d’ailleurs.


Si vous avez la flemme de lire le premier article que j’ai dédié à la pratique du yoga kundalini, voici quelques informations sur le déroulé d’un cours d’une heure trente (certains cours durent 1h ou 1h15, je trouve ça un peu trop court). On pratique quasiment tout le temps les yeux fermés, la concentration au point entre les sourcils (= le troisième œil). Du coup, personne ne vous regarde, et vous ne pouvez vous comparer à personne. Les profs portent un turban, certains élèves aussi. Je me suis récemment mise à en porter un. Pas du tout par mimétisme ni pour me la jouer « ceinture noire de karaté ». Je me suis aperçue que je ne pratiquais pas de la même manière, avec ou sans. D’après ce que j’ai compris – mais n’hésitez pas à enrichir la discussion si je me trompe ou que je suis trop réductrice – le turban permet de protéger et de canaliser les énergies à l’intérieur du corps. Pendant une séance de kundalini yoga, on stimule l’énergie située en bas de la colonne vertébrale afin de la redistribuer partout où le corps en a besoin jusqu’au sommet du crane, le septième chakra. Le turban permettrait d’aimanter l’attention et d’augmenter sa vigilance pendant la méditation. Moi j’ai plus l’impression que c’est une ceinture de sécurité. Une sorte d’ancrage. L’autre truc qui peut surprendre et même paraître carrément sectaire c’est le blanc. Les profs sont presque toujours vêtus de coton blanc et ample, beaucoup d’élèves aussi. Honnêtement, la première fois que j’ai pratiqué à New York, tout le monde me semblait sortir d’un revival Woodstock : robes blanches frangées Pocahontas et sarouels en coton, un gobelet – en carton recyclable – de thé chaï à la main. Je me suis demandée où j’avais atterri... Le blanc est une couleur qui réfléchit la lumière. Si vous avez déjà mis un tissu noir en plein soleil, vous avez vu que cette teinte absorbe la chaleur et devient brûlante. Elle ne s’imprègne pas que de la chaleur, elle capte toute l’énergie aux alentours, la bonne comme la mauvaise. Le blanc permet donc de se créer un bouclier afin de ne pas s’imprégner des énergies toxiques autour de soi. Il déploie le corps électro magnétique (enfin je devrais dire « les  » corps énergétiques puisqu’il n’y a pas que l’aura) autour de soi. Je découvre cette couleur seulement maintenant. Pendant des années, je m’en suis privée parce que je trouvais que ça me grossissait. Aujourd’hui, je me l’autorise de plus en plus et je suis convaincue qu’elle a un effet sur l’humeur. Pour aller à mes cours, je mélange les couleurs, je ne m’impose aucune règle. Il m’arrive même d’être en noir. J’ai des vêtements de yoga moulants qui ne sont pas en coton bio, mais plutôt en spandex et en matières synthétiques (voir mon article sur Outdoor Voices). Je les aime bien et je n’ai pas envie de m’en séparer. En revanche, je rêve de m’acheter la collection de Taryn Toomey pour Lulu Lemon, et Yoga Searcher vient de lancer des vêtements blancs à la demande du professeur de yoga kundalini Caroline Benezet qui organise des retraites dans leur ferme de Hossegor.


Autre point surprenant : on chante pendant un cours de yoga kundalini. En sanskrit ou en gurmukhi, parfois en anglais. J’imagine la tête des voisins qui habitent près des salles de yoga où l’on donne des cours de kundalini. Tous ont du contacter au moins une fois SOS Secte J’écoute ☺. En même temps, je les comprends : une clique enturbannée qui chante des mantras en écoutant des mélodies folk et finit sa séance allongée devant un gong, ça peut faire peur. A Los Angeles, au Rama Institute, dans le cours que fréquente Alicia Keys, on n’utilise même pas de tapis : on pratique sur une peau de mouton. Encore un élément qui peut faire flipper. A tort. C’est juste une histoire de confort personnel. Faites comme vous avez envie et ne vous sentez obligé.es de rien.


Les cours se passent en trois temps. D’abord un travail sur la respiration, assis en posture facile (en tailleur) qui ressemble aux méditations guidées en pleine conscience que vous avez peut-être déjà testées via une application téléphonique (Headspace ou autre). Puis on commence le kriya, c’est à dire la série de mouvements qui vont activer l’énergie du bas de la colonne vertébrale et la redistribuer. Ils changent d’un cours à l’autre, il est très rare qu’un prof propose la même chose d’une semaine à l’autre. Il existe tellement de kriyas différents qu’ils auraient tort de se cantonner aux mêmes exercices. Je découvre chaque semaine de nouveaux mouvements. Ca me plait car je ne suis jamais lassée. Les mouvements ne ressemblent pas beaucoup aux asanas du yoga ashtanga ou vinyasa. Il y a quelques postures en commun, mais le kundalini ressemble plus à une gym tonique pratiquée en conscience. Il joue sur les polarités, il y a beaucoup de mouvements de gauche à droite, d’avant en arrière, de haut en bas et de bas en haut. On sue, ça s’enchaine, on n’a pas le temps de réfléchir car on est sans cesse challengé. Avec certaines postures, on utilise une respiration intense, qui s’appelle Breath of Fire, respiration du feu, qui fait onduler le nombril très rapidement et qui oxygène les cellules en profondeur. A la fin de chaque mouvement tenu une minute, trois minutes, cinq, huit, ou même onze minutes (certains kriyas sont conçus pour durer trente-et-une minutes, autant vous dire que j’en suis très loin), on inspire et on retient son souffle en serrant périnée, anus et nombril (mula bandha). On expire et on observe sans s’écrouler ce qui se passe dans le corps. On savoure. Un peu comme si on avait enlevé un à un les pépins et la peau d’une grappe de raisin et que l’on pouvait enfin la déguster. C’est jouissif. La troisième partie du cours est dédiée à la méditation et à la relaxation. La méditation peut être chantée ou non, être accompagnée de mouvements des mains (mudras) ou pas. La relaxation allongée au sol se fait parfois au son du gong (le prof frappe alors le gong avec un maillet, ce qui produit un son cosmique et une vibration très puissante) mais il n’y a pas de gong dans toutes les salles à Paris. En tous cas, ne sortez jamais d’un cours afin la fin de la relaxation : je l’ai fait une fois parce que le cours avait commencé en retard, j’avais un rendez-vous et je l’ai payé très cher. On remue tellement d’énergie en kundalini qu’il faut laisser au corps le temps d’intégrer, de sceller les vibrations à l’intérieur. Au lieu d’être requinquée en sortant, je me suis sentie très faible physiquement, j’étais déprimée et irritable tout le reste de l’après-midi. Mes profs m’ont expliqué que ce temps de relaxation est non négociable, respectez-le sinon vous ruinerez vos efforts. Le cours se termine par quelques étirements et le mantra « Sat Nam » qui signifie véritable identité et nous rapproche de notre propre vérité, notre essence au delà des masques et des filtres sociaux. On entend beaucoup le mot « guru  » dans les mantras. Guru signifie ombre et lumière ou de l’ombre à la lumière, ce n’est pas une personne à qui l’on doit remettre son libre arbitre ou son compte en banque ! Au contraire, le yoga kundalini libère de tout type d’emprise car il permet de mieux s’écouter et de savoir quel est notre véritable désir. On fait grandir sa liberté d’action tout en prenant soin de ne pas écraser les autres. Le principe : prendre conscience du trésor que nous avons à l’intérieur de chacun d’entre nous, notre "Petit Prince de Saint Exupéry", ce talent qui sonne juste à nos oreilles, et le déployer. Un joli projet de vie, je trouve.


Quant aux risques de la pratique du yoga kundalini, j’en entends beaucoup parler sur les réseaux sociaux par des gens qui ne pratiquent pas, mais pas vraiment de la part de ceux qui pratiquent depuis des années… Je pense que comme dans toutes pratiques, il y a des enseignants tarés, des gens qui se prennent pour des gourous et profitent de leur pouvoir sur des individus en quête de sens, fragilisés par une situation passagère difficile. Je connais un prof de boxe qui a tellement poussé une de mes amies qu’elle s’est pétée le coccyx. Je ne compte même plus les profs de danse qui ont détruit l’estime de soi de copines à moi pendant leur adolescence. Sans parler des profs d’ashtanga qui ont mis les épaules de plusieurs amis en miettes. J’ai déjà eu à faire à des masseurs plus que douteux dans des spas tout à fait respectables et j’ai interviewé des nutritionnistes ultra dangereux, pourtant encensés par la presse. Le yoga kundalini est une pratique intense. Si vous sentez une malveillance de la part d’un enseignant (de kundalini ou de tout autre personne faisant autorité sur vous), qu’elle vous semble justifiée ou non : tirez-vous ! Ecoutez-vous. N’allez pas au delà de vos limites physiques ou émotionnelles, écoutez votre corps, faites marcher votre oreille absolue qui sait toujours ce qui fait sens. Si vous ne pouvez pas tenir onze minutes ou même trois minutes, arrêtez-vous, ne vous jugez pas, restez les yeux fermés et reprenez à votre rythme ou attendez patiemment la fin du mouvement. Dans quelques mois ou semaines, vous tiendrez sans problème. Néanmoins, le kundalini étant très intense, je pense qu’il n’est pas adapté à tous les profils, en particulier si l’on a connu des épisodes psychiatriques. En tous cas, si vous avez déjà eu des bouffées délirantes ou que vous avez un symptôme psychotique, je pense qu’il vaut mieux demander l’avis de votre psychiatre. Ce serait con d’appuyer sur les mauvais boutons et de rester perché après un cours… Mais bon, je dirais la même chose de nombreuses thérapies de développement personnel qui ne sont pas adaptés à certains disfonctionnements psychiques ou traitements médicamenteux…


Alors, où pratiquer ? Voici les profs ou les lieux que je vous recommande les yeux fermés.


La divine Caroline Benezet à Essaouira lors d’une récente retraite


Caroline Benezet à Paris, Hossegor, Essaouira, et Majorque
Professeure de yoga kundalini depuis plus de quinze ans, Caroline a suscité de nombreuses vocations. Anne Bianchi et Camille Param Devi dont je vais vous parler plus bas ont été ses élèves. Je ne vais pas me paraphraser sur son parcours (vous pouvez aller lire l’article que je lui avais consacrée il y a quelques mois). J’adore les cours de Caroline. Elle n’est pas du genre à corriger votre posture et vous laisse explorer chaque mouvement avec beaucoup de liberté. Elle trouve toujours de nouvelles musiques qui ont fini par exploser mon budget Itunes puisque j’achète les mantras au fur et à mesure pour me les chanter pendant la semaine qui me sépare de son prochain cours. Cet ancien mannequin me fait penser à un félin. Magnétique et taiseuse à la fois. J’aime la manière dont elle s’approprie les enseignements du kundalini et les met au diapason de notre époque. Elle donne du sens aux kriyas mais ne nous dicte pas de visualisation particulière, laissant à chacun la possibilité de saisir les images qui émergent du cerveau pendant le cours. On la sent féministe et déterminée à faire grandir nos potentiels. Il y a aussi des hommes qui viennent à ses cours, je trouve ça merveilleux. D’autant que j’ai oublié de vous parler de l’un des deuxièmes effets kiss cool du yoga kundalini : la pratique régule la libido, c’est à dire qu’elle la déploie si nécessaire et la transforme en potentiel créatif chez ceux qui ne sont jamais rassasiés. Caroline commence toujours ses cours en nous demandant de "visualiser nos cellules vibrantes, scintillantes, en bonne santé". Ce petit rituel est comme une prière que je me répète chaque matin en me levant. Je suis certaine que c’est beaucoup plus puissant que ça en a l’air. J’aime la modernité avec laquelle Caroline décline le kundalini, qu’il s’agisse de ses looks, des musiques qu’elle passe ou de ses discours pendant le cours. Elle rit avec nous, se moque d’elle-même, garde son sérieux quand il le faut. On sent que Caroline a eu mille vies en habitant à New York et en pratiquant son métier de mannequin. De cette part sulfureuse qu’elle garde secrète, on perçoit le chemin parcouru de l’ombre vers la lumière. Elle ne prend jamais le pouvoir sur sa classe. Elle se contente de donner des outils qui font pousser les ailes. A chaque fois que je la retrouve pour un cours, j’ai l’impression d’aller dans « ma maison ». A l’intérieur de moi. Le site de Caroline est en (re)construction, en attendant vous pouvez la suivre sur Facebook ou vous abonner (par email info@carolinebenezet.com) à sa newsletter très bien faite dans laquelle elle vous informe de toutes ses actualités. Elle enseigne le mardi à 10h chez Rasa Yoga, le mardi à 13h au Tigre Yoga Rive Droite, le mercredi à 12h30 elle propose au Tigre Yoga Rive Gauche un cours de Kundalini and Gong, le jeudi elle enseigne à 12h30 chez Tigre Yoga Rive Droite, le vendredi à 10h chez Tigre Yoga Rive Gauche, le samedi à 11h un cours de kundalini dynamique au Studio Keller. Il lui arrive aussi de donner des cours le dimanche dans le cadre des Yoga & Brunch des Bains. Elle organise plein de méditations les soirs de pleine lune et de nouvelle lune (dément, à essayer !) et propose aussi des retraites de yoga kundalini (les prochaines sont à Majorque du 28 septembre au 1er octobre, et à Essaouira le 3 novembre 2017). Si ça ne suffit pas à vous combler, elle donne aussi des cours individuels ou en entreprise… Contact : info@carolinebenezet.com 



Photographie Lili Barbery-Coulon. Anne Bianchi dans son propre studio


Anne Bianchi à Paris
Anne Bianchi a beaucoup participé à éveiller ma curiosité au sujet du yoga kundalini. Bien avant qu’Aurélie Banon ne m’en parle, je voyais sur son compte Instagram des photos de Caroline Benezet et des photos d’elle tout en blanc… J’étais encore hermétique à tout ce que je considérais alors comme un folklore hippie. N’empêche que ça a quand même planté une graine dans mon cerveau. Anne et moi, on se connaît depuis près de vingt ans. Elle était journaliste pour le magazine Dépêche Mode lorsque je faisais mes premiers pas au bureau de presse de la boutique Colette. On a tout de suite sympathisé. Plus tard, elle s’est installée tout près de chez moi dans le 9e, ce qui nous a donné l’occasion de nous voir en dehors du contexte professionnel. Je suis tombée enceinte alors qu’elle attendait son deuxième enfant. On a passé une partie de notre congé maternité ensemble, chacune avec le sacrum vrillé en deux, pour des raisons différentes. Ca nous a beaucoup rapprochées. Anne a été à la tête du magazine féminin Be qu’elle a conçu et lancé avec une énorme équipe. Elle a décidé de mettre fin à cette aventure lorsque le groupe Lagardère Active a revendu ce titre à un autre groupe de presse en 2014. Cette sportive au corps athlétique a toujours pratiqué mille activités physiques. Beaucoup de yoga, de la boxe, du coaching, du cardio, je ne l’ai jamais vue en mode « pause ». Elle pratique le kundalini à haute dose depuis déjà quelques années et se forme à plusieurs techniques intensément – gestalt-thérapie, sexothérapie, psychanalyse jungienne – depuis qu’elle a quitté son poste à Be. Afin d’approfondir sa connaissance du kundalini, elle a décidé de faire, en Italie, une formation qui permet d’enseigner ce yoga. Son but à l’origine n’était pas de donner des cours mais de mieux comprendre cette pratique. Elle a ensuite suivi la même formation à Londres au printemps dernier, toujours dans l’optique d’en savoir plus. Il y a quelques mois, elle a finalement ouvert chez elle une petite salle de yoga qui peut accueillir six élèves. Le lieu, qu’elle a baptisée Satnam Montmartre, est magique, il s’agit d’une mezzanine fermée par une verrière. De grandes fenêtres donnent sur le cimetière de Montmartre, un voisinage qu’on ne risque pas de déranger quand on chante des mantras et qu’on fait des méditations au gong. Sa manière d’enseigner est différente de celle de Caroline. Comme elle a une formation de journaliste, elle livre beaucoup d’informations sur les postures, ce qu’elles provoquent sur les organes et les glandes qui sont stimulés par les mouvements. Elle livre des indications sur l’alignement idéal, corrige les postures lorsque c’est nécessaire, et partage avec nous des textes qui ont une résonnance particulière dans le mouvement. Elle ne joue pas pour autant les « wikipedia du kundalini  » pendant qu’on s’agite, il lui arrive aussi de rester silencieuse. Elle nous challenge pas mal sur le plan physique et m’a fait découvrir plein de mouvements que je ne connaissais pas. Elle m’a fait beaucoup avancer et se réjouit de voir ses élèves progresser dans ses cours et sur un plan personnel. Ses cours sont systématiquement ponctués par un bain de gong et comme elle est chez elle, elle propose un thé et des fruits secs à ceux qui ont le temps de débriefer à la fin. Anne n’a pas encore de site internet mais elle y travaille. En attendant vous pouvez la suivre sur Instagram et la contacter par email Anne.bianchi75018@gmail.com pour connaître le planning de Satnam Montmartre. Elle organise ponctuellement des ateliers chez Atma Yoga, une nouvelle salle de yoga dans le 9e rue des Martyrs, le prochain aura lieu le 22 juillet de 14h30 à 17h. Anne donne aussi des cours particuliers. A la rentrée, vous pourrez la retrouver le mardi à 18h30 au Centre Element dans le Marais.


Camille Param Devi


Camille Param Devi à Paris
Camille m’a contactée il y a quelques mois. Une de nos amies communes a pensé qu’on s’entendrait bien. Comme elle a eu raison ! Camille m’a envoyé un email pour me parler de sa pratique de la thérapie énergétique. Je suis allée voir son site et j’ai découvert qu’elle était aussi prof de yoga kundalini. J’ai aussitôt pris rendez-vous pour aller tester l’un de ses cours chez Oom Studio dans le Marais. J’ai tout de suite adoré cette fille solaire, très énergique et visiblement généreuse. Camille a découvert le kundalini il y a plusieurs années lorsqu’elle vivait à Los Angeles. Lorsqu’elle est entrée dans le cours, la prof s’est adressée à elle en particulier et lui a dit « Toi, tu as bien fait de venir !  », ce qui amuse toujours Camille lorsque ce souvenir lui revient. Même si elle a été enthousiasmée par la découverte de cette pratique il y a huit ans, elle s’en est éloignée à plusieurs reprises. Elle avait d’autres choses à vivre. Et puis, une fois réinstallée à Paris, un ami lui a parlé de Caroline Benezet. Et Camille est alors repartie encore plus à fond dans le kundalini. D’ailleurs, c’est Caroline qui lui a suggéré de se former à Fontainebleau à l’enseignement du kundalini. Ainsi, elle a commencé à donner des cours individuels à domicile et chez Oom Studio. C’est une longue liane rayonnante qui met beaucoup de joie dans ses kriya. Ses cours sont différents de ceux de Caroline ou ceux d’Anne. Lorsque la salle le permet, on s’installe en ronde autour d’elle. Avec Camille, les postures s’enchainent assez rapidement, c’est très rythmé, puis on fait une petite relaxation et on finit par une méditation chantée plus ou moins longue. Elle illustre ses cours avec des musiques que je ne connais pas toujours. Elle explique le thème de son cours au début et utilise beaucoup d’images pour nous permettre de comprendre ce que nous sommes en train de faire. Ce yoga laisse vraiment s’exprimer les personnalités et les styles de chaque enseignant. Camille a une fraicheur très communicative, elle semble remplie d’un sourire généreux et le transmet aisément. Je n’ai pas encore testé son soin énergétique mais je compte bien vous en reparler quand ce sera le cas. Camille Param Devi a un très joli internet sur lequel elle met à jour son planning chaque semaine. Vous pouvez aller chez Oom Studio, une super salle, la retrouver pour des cours d’1h15 les mercredis à 10h, les vendredi à 18h15 et les dimanches à 9h45. Camille donne également des cours le lundi à 18h30 chez Yoga Village juste à côté de la place de l’Opéra à Paris.


La jolie cour du studio Oom Studio dans le Marais à Paris


Golden Bridge à New York
Lorsque j’étais à New York en février dernier, j’ai testé plusieurs cours de yoga kundalini au studio Kundalini Yoga East tout près du Flatiron building et chez Golden Bridge Yoga une autre salle culte au sud de Manhattan. Le premier soir chez Kundalini Yoga East s’est révélé épique. C’était la Saint Valentin et Emily Weiss (mon amie, fondatrice de Glossier) voulait absolument tester le yoga dont je la bassine depuis des mois. On a donc booké un cours sans trop regarder le programme. Arrivée devant l’immeuble, je suis montée dans la tour remplie de bureaux alors qu’Emily m’annonçait par texto qu’elle était en retard. J’ai mis un moment à trouver la porte du studio. En entrant, j’ai eu un léger choc : tout le monde était vêtu de blanc, la tête couverte, et la fille de l’accueil était assise en lotus sur un tabouret à roulettes. Enturbannée au dernier degré, elle m’a lancée un « Sat Nam  » en guise de salutation. Elle m’a demandée si j’avais un foulard pour me couvrir la tête. J’ai répondu non et elle m’a demandé d’acheter un morceau de tissu blanc à un dollar : « it’s going to be really intense tonight, you need something to cover your head ». Pendant toute cette séquence, j’imaginais la tronche d’Emily complètement novice lorsqu’elle arriverait... La grande salle éclairée au néon et recouverte d’une moquette surprenante dans un espace de yoga débordait d’hommes et de femmes assis en tailleur, côte à côte sur des coussins, une feuille de chant à la main. Sur une estrade à l’entrée, Sat Jivan Kaur et Sat Jivan Singh, le couple de professeurs qui dirigent le centre, semblaient déjà dans un état de méditation intense, lui avec une longue barbe de père noël souriant, elle avec une petite paire de lunettes qui lui donnaient un air sévère. Je me suis faufilée pour me trouver une micro place entre deux yoginis connectés au cosmos et j’ai gardé une place pour Emily. Je n’arrêtais pas de me dire que ça n’allait pas lui plaire. Moi même je ne voyais pas comment nous allions pouvoir pratiquer notre kriya en étant ainsi collés les uns aux autres sur des coussins mous. Emily est arrivée une seconde avant le début du cours, la tête couverte du même morceau de tissu blanc qu’on avait du la forcer à acheter, comme moi. Les deux profs parlaient déjà mais j’ai réussi à marmonner « euh normalement, c’est pas du tout comme ça que ça se déroule »… Crise de fou rire intérieure en y repensant. On nous a annoncées ensuite que le cours était une méditation spéciale pour guérir les blessures de l’amour (forcément, c’était la Saint Valentin…). On nous a donné quelques explications sur le texte en gurmukhi – sans phonétique – et Sat Jivan Kaur a ajouté : « Nous allons chanter ce mantra en boucle pendant…. Une heure et dix minutes. Mais vous pouvez aller aux toilettes si vous en avez besoin et vous n’êtes pas nos otages : si vous avez besoin de partir, quittez discrètement la salle ». Impossible d’échanger avec Emily le moindre mot. Mais je me doutais bien que son cerveau devait hurler « 1h10 ??? WTF ??? ». Aussitôt tout le monde s’est mis à chanter – même moi. Après tout, on avait payé notre cours, on y était et je me suis dit que quitte à être assise en tailleur pendant 1h30, il valait mieux participer pleinement. Ne serait-ce que pour que ça passe plus vite. Ca m’émeut toujours d’entendre les hommes chanter et comme la salle était pleine à craquer, la vibration de nos voix mélangées a fini par prendre le dessus sur mes réserves du début. En sortant, on a éclaté de rire avec Emily. Quel baptême pour commencer ! N’empêche que la mélodie et les paroles se sont inscrites en moi toute la semaine qui a suivi. Je me suis surprise à la fredonner sous la douche. Je ne comprends toujours pas pourquoi on nous a demandé de nous couvrir la tête et je déteste qu’on me contraigne à quoi que ce soit. Mais cette méditation de la Saint Valentin a quand même eu un effet positif sur moi. Comme je ne suis pas du genre à tirer des conclusions après une seule expérience, j’y suis retournée le lendemain pour prendre un cours. C’était beaucoup plus classique. Mais j’ai trouvé le prof assez ennuyeux et pas très encourageant. Les durées de chaque mouvement étaient beaucoup trop longues pour moi et on a pratiqué toute la séance sans musique. Lorsque le prof a frappé le gong à la fin, j’ai cru qu’il allait faire s’écrouler l’immeuble tellement le son était fort. Je me suis dit que ce lieu, aussi iconique soit-il pour ceux qui pratiquent le kundalini à New York depuis plusieurs années, n’était décidément pas adapté à mon niveau ni à mes envies d’Européenne. En revanche, je suis ensuite allée tester Golden Bridge Yoga que Violette (qui vient tout juste d’être nommé Global Beauty Director d’Estée Lauder, by the way) m’avait recommandé tout comme Caroline Benezet. Faites abstraction de la déco new age du rez-de-chaussée et des tuniques à franges vendues dans la partie boutique. La salle à l’étage est spacieuse et beaucoup plus chaleureuse que celle de Kundalini Yoga East. J’y suis allée un samedi matin à l’ouverture et j’ai adoré le cours que j’ai pris avec Mia Haber. Ca ressemblait beaucoup à ce que propose Caroline Benezet (même si je préfère son choix de musiques) et il y avait un bon mélange parmi les élèves : des femmes enturbannées bien à bloc, un mannequin sublime, une femme de cinquante ans environ, deux mecs de trente ans et pas mal de filles jeunes en tenue de yoga moulante et noire. La salle est grande mais pas gigantesque, ce qui la rend chaleureuse. Surtout, elle est nichée dans un quartier que j’adore, juste à côté de Glossier, l’hôtel 11 Howard et Outdoor Voices. Mon amie Caroline Wachsmuth, ashtangi pur jus qui avait détesté le kundalini à Los Angeles (trop de peaux de mouton, trop de respiration du feu et trop de turban à son goût) a fini par aller chez Golden Bridge Yoga sur mes conseils et elle est devenue accro. Comme quoi, il est essentiel de trouver le bon prof, le bon timing dans sa vie et le lieu qui nous correspond ! Même si elle manque de glamour, Kundalini Yoga East est une salle sérieuse qui forme de nombreux professeurs, vous y trouverez des enseignants de qualité. Quant à Golden Bridge Yoga, qui est une déclinaison du centre éponyme à Los Angeles, voici le lien vers le planning de la semaine à New York


Photographie Lili Barbery-Coulon : la boutique au rez-de-chaussée de Golden Bridge Yoga à New York


Vous êtes très nombreuses à m’envoyer des messages pour vous recommander des profs en province. Je ne sais jamais quoi vous répondre tant que je n’ai pas testé moi-même. Il y a beaucoup de tri à faire dans le milieu du développement personnel, recommander un prof de kundalini est aussi difficile que de recommander un psy. J’ai questionné mes profs. On m’a dit du bien d’Elodie et Brice, deux professeurs de kundalini dans la région de Perpignan qui enseignent ce yoga dans la plus pure tradition. Si vous connaissez des profs de yoga kundalini que vous trouvez bienveillants et qui vous ont fait avancer, n’hésitez pas à partager leurs coordonnées dans les commentaires. Où qu’ils soient, même à l’étranger ! Je vous invite également à suivre la jeune prof de yoga hatha et de yoga kundalini Jenny Storm. Cette danoise époustouflante de beauté vient de finir sa formation avec le Rama Institute de Majorque et de donner son premier cours dimanche 9 juillet au Studio Rituel à Paris. On se croise chaque semaine aux cours de Caroline Benezet qu’on adore. Elle a un très joli site sur lequel elle partage plein d’infos en anglais. Je n’ai pas encore testé ses cours mais je compte bien y aller et vous en reparler. Vous pouvez aussi consulter le site de la Fédération Française du Yoga Kundalini qui vous aidera à trouver un enseignant agréé. 


Je ne prétends pas détenir la vérité en partageant ce témoignage. Il s’agit de ma perception. Ce qui me convient ne vous conviendra peut-être pas du tout. Je le répète : écoutez-vous. Vraiment. Soyez à l’écoute de votre corps et de votre ressenti. Le kundalini n’est pas une baguette magique. Néanmoins, si vous avez déjà pratiqué et que vous souhaitez partager avec nous un témoignage dans les commentaires ci-dessous, nous expliquer ce que le kundalini a changé - ou pas - dans votre vie, n’hésitez pas, je pense que ça ne peut qu’enrichir cet article ! Merci mille fois <3